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Explorer l'intérieur

Semaine du lundi le 8 septembre 2008

Le 10 septembre 1822, William Cormack baptise le mont Clarence; au cours du même voyage, il fait de même avec le mont Sylvester, ainsi nommé en l’honneur de son guide mi’kmaq, Sylvester Joe. Le mont Sylvester est une formation de drumlin rocheux située au sud de Terre-Neuve, juste sous Middle Ridge, à environ 50 milles du point de départ de l'expédition. Cormack est le premier Européen à explorer l’intérieur de Terre-Neuve et il n’aurait pu y arriver sans les connaissances et le soutien de Sylvester Joe.

Mont Sylvester, un morne près de Springdale (Terre-Neuve)
© Reproduit avec la permission de Ressources naturelles Canada 2008, fourni par la Commission géologique du Canada.
Même si, à l’époque, les Britanniques sont présents à Terre-Neuve depuis plus de trois siècles, les colons continuent de s’établir près de la côte, et on sait peu de choses sur l’intérieur des terres. Cormack se donne pour but d’explorer ces endroits inconnus et d’en découvrir les ressources, de les ouvrir à la colonisation et d’établir un contact avec les derniers Beothuks vivant dans la région.

Il retient les services d’un chasseur, Sylvester Joe, à qui il demande de lui servir de guide. Avant d'entamer ce grand voyage, ils entreprennent une expédition d’essai qui les mène de St. John’s à la baie Placentia, et d’où ils reviennent par les baies Trinity et Conception. En raison du succès de cette courte expédition, le duo se lance à la fin août dans un long voyage de deux mois. Ils ont prévu d’aller directement de la baie Trinité, à l’est, à la baie St-Georges, à l’ouest, en passant par le centre de Terre-Neuve.

Carte géologique de Terre-Neuve (1919), route de l'expédition de 1822
© Carte provenant de la cartothéque de l'Université Memorial de Terre-Neuve, St. John's (Terre-Neuve). Adaptée par Liza Piper, site Web du patrimoine de Terre-Neuve-et-Labrador.
À défaut de prendre contact avec les Beothuks ou d’ouvrir l’intérieur de l’île à la colonisation, Cormack atteint cependant son objectif d’explorer la topographie de Terre-Neuve et d’en découvrir les ressources. Il recense en détail son expédition dans Narrative of a Journey Across the Island of Newfoundland in 1822, dans lequel il décrit les nombreuses plantes qu’il a trouvées, ainsi que la minéralogie et la géologie des terres intérieures.

On connaît peu Sylvester Joe. On sait qu’il était un Mi’kmaq de la région de la baie d’Espoir, sur la côte sud de Terre-Neuve, et on croit qu’au moment de l’expédition, il était au milieu de la vingtaine. Il connaissait bien les bassins de la Gander, de la Conne et de la Salmon, ainsi que les routes terrestres reliant la baie d’Espoir à la baie Gander; on pense que ses terres de chasse se trouvaient au centre de l’île. On ne sait rien de la vie de Sylvester Joe après son retour d’expédition, au début de novembre 1822; à ce moment, lui et Cormack ont emprunté des chemins différents.

En raison de son rôle dans l’exploration et la cartographie de Terre-Neuve, Sylvester Joe a été désigné comme personne historique nationale.

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