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Une ère de découvertes

Semaine du lundi le 23 juin 2008

Le 24 juin 1497, John Cabot met pied sur la côte atlantique de l’Amérique du Nord, probablement sur la côte est de Terre-Neuve, ou peut-être au Cap-Breton ou au Labrador. À l’instar de Christophe Colomb, qui a « découvert » les Caraïbes cinq ans plus tôt, Cabot croit avoir trouvé un passage occidental vers l’Orient. Les Européens mettront une dizaine d’années à se rendre compte que ce « Nouveau Monde » n’est pas l’Asie, mais bien un tout nouveau continent. Le voyage de Cabot n’en marque pas moins un tournant dans l’histoire de l’Amérique du Nord.

John Cabot à son départ de Bristol le 20 mai 1497
John Cabot à son départ de Bristol le 20 mai 1497
© Ministère de la Défense nationale
On sait peu de choses sur la vie de Cabot. Citoyen de Venise, Cabot, ou Zuan Caboto, se rend en Angleterre quêter du soutien pour son expédition transatlantique. En traversant l’Atlantique Nord, il espère ouvrir une route vers l’Orient qui soit plus courte que celle de Colomb. Voulant faire concurrence à l’Espagne et au Portugal, le roi Henri VII d’Angleterre approuve le voyage. Peu après, Cabot fait voile à bord du navire The Matthew, un petit trois-mâts doté d’un équipage de 18 hommes.

En mer pendant 35 jours, Cabot connaît sans doute un voyage difficile, car il navigue dans des eaux inconnues. À l’arrivée, ses hommes et lui sont probablement déçus de ne trouver nulle part trace des épices et des soieries de l’Orient. Cabot prend néanmoins possession du territoire au nom de l’Angleterre. D’après certains spécialistes, les hommes de Cabot auraient observé des signes d’occupation humaine, mais ne se seraient pas aventurés dans les terres. De nombreux récits sur ce voyage font état d'une abondance de morue. Un membre de l’entourage d’Henri VII écrit : « Ils affirment que la mer regorge de poissons et que ceux-ci peuvent être pris non seulement au filet, mais aussi à l’aide de paniers qu’on fait descendre dans l’eau en les lestant de pierres. »

Le navire de John Cabot, le Matthew
Le navire de John Cabot, The Matthew
© Ministère de la Défense nationale
De retour en Angleterre, Cabot acquiert une grande renommée. Henri VII lui accorde une pension annuelle et lui demande de retourner dans le Nouveau Monde, cette fois avec cinq navires. Hélas, Cabot ne reviendra jamais de l’expédition de 1498.

Les explorations de Cabot et de ses contemporains marquent le début de « l’ère des découvertes », période comprise entre les 15e et 17e siècles pendant laquelle les grandes puissances européennes ont cherché à étendre leurs réseaux commerciaux et, ce faisant, ont découvert des terres, des populations et des sources de richesses nouvelles. Plus tard au cours de la même période, des navigateurs tels que Jacques Cartier et Samuel de Champlain emboîteront le pas à Cabot et poursuivront l’exploration du nouveau continent. L’arrivée de Cabot a marqué les débuts de la présence anglaise en Amérique du Nord – une présence qui a joué un rôle considérable dans la formation du Canada et des États-Unis.

L’arrivée de Cabot au Nouveau Monde est un événement d’importance historique nationale.

Pour en savoir plus sur les premiers explorateurs du Canada, voir Cartier arrive à Stadaconé, Champlain cartographie les côtes et On récolte ce qu’on sème.

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