Cette semaine en histoire

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« Une femme douée et sage »

Semaine du lundi le 31 mars 2008

Le 5 avril 1854, Edith Jessie Archibald naît à Terre-Neuve. Elle deviendra une personnalité influente dans le combat des suffragettes en Nouvelle-Écosse.

Edith Jessie Archibald
© Nova Scotia Archives / Gauvin & Gentzell / ca. 1895
Edith Jessie Archibald naît dans une famille de la haute bourgeoisie dont plusieurs membres masculins font de la politique. En 1874, elle épouse son deuxième cousin, Charles Archibald, directeur de mine; le couple s’établit à Cow Bay, en Nouvelle-Écosse.

Au cours des années 1880, elle devient la leader du Women’s Christian Temperance Union (WCTU) [Union des femmes pour la sobriété]. La WCTU avait été créée en 1874 en vue de renforcer les valeurs morales et familiales dans la société par le biais de la réforme sociale et de l’interdiction de l’alcool. À l’époque, c’est l’organisation féminine la plus importante et le premier grand groupe d’appui des suffragettes.

En 1892, Archibald devient présidente de la WCTU des Maritimes. Sous sa direction, l’organisation fait la démonstration que les femmes devraient pouvoir voter parce qu’elles en ont le droit en tant que citoyennes et parce que l’« influence féminine » en politique pourrait contribuer à assainir la société et à protéger les foyers. Grâce à son leadership, le département du droit de vote devient le plus actif dans sa section locale. Avec ses adeptes, elle écrit des brochures et des journaux, et envoie des pétitions à l’assemblée législative afin d’exiger le droit de vote. En 1893, elles touchent presque leur but car il ne manque qu’un seul vote pour que le projet de loi visant à donner le droit de vote aux femmes en Nouvelle-Écosse soit adopté. 

Un exemple d'une publication promouvant la tempérance produite par la WCTU
© Glenbow Archives / NA-2629-13, 1933

En 1897, les suffragettes décident de changer de tactiques : elles passent de la lutte pour obtenir des droits égaux au combat du « féminisme maternaliste », qui met l’accent sur le droit de vote comme moyen de protéger les enfants. En dépit de ce changement de stratégie, aucun projet de loi ni aucune pétition en faveur des suffragettes ne sont déposés à la Chambre d’assemblée de 1897 à 1916.

Le mouvement des suffragettes gagne du terrain en Nouvelle-Écosse après avoir connu du succès dans l’Ouest canadien et en Ontario. En 1917, un projet de loi passe en troisième lecture, mais le premier ministre George Murray déclare qu’il n’est « d’aucune utilité pour le moment » et adopte une motion de renvoi (à trois mois). Archibald aide à mettre en place l’Equal Franchise League de la Nouvelle-Écosse pour que Murray change d’opinion, mais l’Explosion d’Halifax en 1917 relègue ces efforts au second plan. Enfin, en 1918, grâce au rôle vital joué par les femmes dans la reconstruction d’Halifax, le projet de loi est adopté et la Chambre d’assemblée accorde aux femmes néo-écossaises le droit de vote aux élections provinciales.

En 1997, Edith Jessie Archibald est désignée personnage historique national en raison de son travail inlassable pour assurer la promotion du droit de vote des femmes et faire en sorte qu’elles occupent une plus grande place dans la vie publique.

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