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À la découverte du folklore

Semaine du lundi le 3 mars 2008

Le 5 mars 1883, Charles-Marius Barbeau naît à Sainte-Marie de Beauce, au Québec. Il deviendra l’un des premiers anthropologues du pays. Marius Barbeau, comme il se faisait appeler, fut un pionnier de l’étude du folklore de certains peuples autochtones et des Canadiens-Français.

Charles-Marius Barbeau en 1942
© Bibliothèque et Archives Canada / C-034447
Il commence son instruction à la maison, où il est exposé aux traditions culturelles des Canadiens-Français. À l’âge de 12 ans, il entre au collège commercial de Sainte-Marie. Deux ans plus tard, il intègre le collège classique de Sainte-Anne-de-la-Pocatière puis, à sa graduation en 1903, il décide de s’inscrire à la faculté de droit de l’Université Laval plutôt que de devenir prêtre. En 1907, après avoir réussi ses examens du barreau du Québec, il reçoit la bourse Rhodes et se rend à l’université d’Oxford, en Angleterre. Passionné par l’étude des humains, il s’inscrit au nouveau programme d’anthropologie, une discipline qu’il étudie aussi à la Sorbonne à Paris, durant ses vacances.

En janvier 1911, il commence à travailler dans la nouvelle division d’anthropologie du Musée national du Canada (aujourd'hui le Musée canadien des civilisations). On lui confie l’étude des Hurons sur le terrain. Il commence à Lorette, près de Québec, puis se rend à Amherstburg, en Ontario, ainsi qu’en Oklahoma, aux États-Unis. Il s’intéressera ensuite aux peuples de la côte nord-ouest du Canada, plus particulièrement aux Tsimshians qu’il étudiera tout au long de sa carrière. Durant ses recherches sur le terrain, il enregistre et transcrit plusieurs chants et contes afin de sauvegarder le patrimoine de ces deux cultures.

Un chasuble à l'église indienne de Lorette (Québec) qui aurait été présenté aux Hurons par Madame de Maintenon et des dames de la cour du roi Louis XIV.
© Marius Barbeau / Bibliothèque et Archives Canada / C- 034576
Son deuxième grand intérêt est le folklore canadien-français. Barbeau commence à étudier ce sujet en 1913, lorsque Franz Boas lui offre de publier ses travaux dans le Journal of American Folklore et qu’il devient membre de l’American Folklore Society. À l’époque, le Musée ne voyait pas ce champ d’intérêt comme un travail digne d’un anthropologue. Barbeau doit donc poursuivre ses recherches durant ses temps libres et ses vacances. Il rassemble de nombreux enregistrements et transcriptions d’histoires, de légendes et de chansons folkloriques provenant de partout au Québec. En 1916, il publie un premier bilan de ses recherches dans un numéro du Journal of American Folklore qui lui est entièrement consacré. En 1917, il forme la division canadienne de l’American Folklore Society et en devient le président l’année suivante.

Au cours de sa carrière, Barbeau publie plusieurs centaines d’articles savants ainsi que de nombreux livres. Il prend sa retraite du Musée en 1948, mais continue ses travaux jusqu’à sa mort en 1969, à Montréal. Charles-Marius Barbeau est reconnu personne d’importance historique nationale en 1985.

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