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Un joyau au cœur de Québec

Semaine du lundi le 31 décembre 2007

Le 31 décembre 1687, l'architecte français Claude Baillif se voit confier la conception et la construction de la chapelle de l’Enfant-Jésus, premier lieu de culte permanent dans la basse-ville de Québec. Au cours des trois siècles suivants, plusieurs architectes et artistes québécois parmi les plus réputés participeront à la construction et à la restauration de cette église.

Notre-Dame-des-Victoires, James Cockburn, 1800
© Musée de la civilisation, dépôt du Séminaire de Québec

Ce nouveau lieu de culte est érigé sur ce qu’on appelle depuis peu de temps la place Royale, à l’emplacement du magasin du Roy, qui faisait partie de l’Habitation de Samuel de Champlain, le tout premier établissement français de Québec. Claude Baillif se sert d’ailleurs des pierres provenant du magasin pour construire deux des murs de l’église ainsi que l’abside. L’église est consacrée et ouverte au culte en 1688, mais Baillif a dû en réduire la taille à cause d’une pénurie de fonds et du coût élevé des terrains. Elle n’atteindra qu’en 1723 les dimensions qui étaient prévues à l'origine.

Pendant plus de trois siècles, la petite église en pierre toute simple change à maintes reprises de nom, d'apparence et de style. Elle n'en est pas moins le témoin constant, bien que muet, de plusieurs pages importantes de l'histoire du Canada français. En 1690, l’église est rebaptisée Notre-Dame-de-la-Victoire, pour commémorer la victoire « par la bouche de [ses] canons » du gouverneur Frontenac sur William Phips et ses troupes. Puis, en 1711, elle prend le nom de Notre-Dame-des-Victoires pour célébrer le départ des troupes britanniques de l’amiral Walker, dont les navires avariés ont été dispersés par le vent, la brume et des manœuvres maladroites avant d’atteindre la ville.

Vue de Notre-Dame-des-Victoires, Richard Short, 1760
© Bibliothèque et Archives Canada / 1970-188-17

Les résidents de Québec sont moins heureux en 1759, lorsque 60 000 bombes incendiaires et boulets de canon leur tombent dessus. La basse-ville est évacuée et la plupart des bâtiments sont détruits bien avant la confrontation entre Wolfe et Montcalm sur les plaines d’Abraham. De Notre-Dame-des-Victoires, il ne subsiste que quelques murs. Par la suite, en dépit de leur dénuement, les habitants de la paroisse entreprennent de rebâtir petit à petit la basse-ville, la place Royale et l’église paroissiale. Érigée à l’emplacement du « vieux magasin » de Champlain, premier centre d’activité économique et sociale de la colonie, Notre-Dame-des-Victoires reste un pôle d’attraction pour la communauté.
Québec. Place-Royale, Marc Robitaille, 2003
© Gouvernement du Québec

Tout au long de sa construction (de 1688 à 1723), de sa reconstruction et de sa restauration (de 1761 à 1817 et dans les années 1930 et 1960), l’église Notre-Dame-des-Victoires continue d’être un lieu de culte, un milieu de vie et un centre culturel majeur pour les Canadiens français.

L’église Notre-Dame-des-Victoires a été désignée lieu historique national en 1988 parce qu’elle est étroitement liée au développement de la ville de Québec et à ses habitants, et parce qu’elle symbolise la présence française au Canada.

Pour en savoir plus sur la place Royale et l’église Notre-Dame-des-Victoires, consultez la page Arrondissement historique du Vieux-Québec, site du patrimoine mondial de l’UNESCO.

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