Cette semaine en histoire

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La voix de la liberté

Semaine du lundi le 15 février 1999

À la mi-février 1857, le Provincial Freeman distribue une circulaire rédigée, entre autres, par Mary Ann Shadd, renfermant un appel à l'aide. Comme beaucoup d'autres petits journaux publiés dans des régions peu habitées, ce journal abolitionniste a du mal à joindre les deux bouts.

Mary Ann Shadd

Mary Ann Shadd
© Bibliothèque et Archives Canada / C-29977

Née le 9 octobre 1823, à Wilmington, Delaware, Mary Ann Shadd est la première Noire en Amérique du Nord à être rédactrice en chef d'un journal. Elle a été sensibilisée à l'importance de la cause abolitionniste dès son plus jeune âge, la demeure familiale étant une des «gares» du chemin de fer clandestin. Les Shadd abritent les esclaves en fuite vers le Nord et la liberté. Vivant dans un État esclavagiste, la famille Shadd, qui est libre, risque sa liberté chaque fois qu'elle reçoit un esclave fugitif.

Mary Ann Shadd émigre dans le Haut-Canada en 1851, quand les États-Unis se mettent à appliquer la Fugitive Slave Law (loi sur les esclaves fugitifs), qui menace la liberté de tous les Américains d'origine africaine. Mary Ann croit que l'autonomie est la clé de l'indépendance. Au Canada, elle fonde une école qui accueille à la fois des élèves blancs et noirs. Dotée d'un franc parler pour l'époque, elle veut des droits égaux pour tous, peu importe la race ou le sexe. Elle encourage les immigrants noirs qualifiés à se faire une nouvelle vie au Canada, où ils peuvent prospérer sous la protection de la loi britannique.

Le Provincial Freeman

Le Provincial Freeman
© Toronto Reference Library

Pendant la guerre de sécession, Mary Ann quitte le Canada pour les États-Unis où elle sera agent de recrutement pour l'armée de l'Union (l'armée nordiste). Plus tard, toujours convaincue que l'éducation est un outil de progrès personnel, elle sera directrice d'école. À 60 ans, Mary Ann sera la première Noire à obtenir un diplôme en droit en Amérique du Nord.

Mary Ann Shadd continuera de dénoncer les inégalités et la ségrégation jusqu'à sa mort en 1893. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a reconnu sa contribution comme rédactrice en chef du Provincial Freeman dans les années 1850 et comme porte-parole des réfugiés noirs au Canada.

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