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Une culture véritablement canadienne

Semaine du lundi le 8 octobre 2007

Byron Edmund Walker naît le 14 octobre 1848, dans le comté de Haldimand, dans le Haut-Canada. Fils d’une famille modeste, il fera carrière dans plusieurs sphères de la société canadienne, notamment en affaires, en éducation et dans les arts. L’éducation officielle de Walker prend fin lorsque son médecin lui déconseille d’aller à l’école normale de Toronto en raison de sa santé fragile. Alors âgé de douze ans, Walker va donc travailler au bureau de change de son oncle, à Hamilton. À vingt ans, après avoir été gestionnaire et partenaire dans une petite maison de courtage de Montréal, Walker retourne à Hamilton et trouve un emploi à la succursale locale de la Banque canadienne de commerce.

Édifice de la Banque canadienne de commerce, rue King, Toronto, dans les années 1930
© Archives de l'Ontario / Ontario House records / RG 9-7-5-0-5

Walker gravit rapidement les échelons de la hiérarchie bancaire. En 1879, il est inspecteur du siège social de la Banque canadienne de commerce à Toronto. Il est l’instigateur de nombreuses réformes, imposant notamment l’usage du télégraphe dans les succursales et réorganisant l’entreprise en services distincts, une pratique avant-gardiste pour l’époque. Sept ans plus tard, Walker devient directeur général de la banque et, en 1907, président. Sous sa direction, la Banque canadienne de commerce connaît une période de croissance incroyable. Établie à l’origine en Ontario, elle se transforme en un établissement national ayant des connexions avec l’étranger et devient la deuxième banque en importance au Canada. 

Sir Byron Edmund Walker
© Champlain Society

Ses succès en affaires permettent à Walker de donner libre cours à sa passion pour l’art. En tant que collectionneur, il fonde et subventionne de nombreux établissements culturels, dont l’Université de Toronto, le Musée royal de l’Ontario et la Champlain Society. L’un des principaux projets de Walker concerne la Galerie nationale du Canada. Vingt-cinq ans après sa création, la Galerie reste méconnue et stagne. Les choses changent lorsque Walker assume la présidence du premier conseil d'administration de la Galerie et qu’il obtient une généreuse contribution publique pour bâtir la collection de l'établissement.

Dans le domaine des arts, en raison de ses opinions bien tranchées, Walker connaît une carrière qui n’est pas exempte de conflits. En 1923, un jury à qui la Galerie nationale du Canada a demandé de choisir des œuvres en vue d’une exposition en Grande-Bretagne fait l’objet de critiques pour avoir favorisé des artistes canadiens aux œuvres « sans imagination et ennuyeuses ».  Néanmoins, Walker refuse de modifier la composition du jury, prouvant son attachement à une culture véritablement canadienne. Walker achète de nombreuses toiles du groupe des Sept pour la Galerie nationale, faisant observer que les artistes canadiens ont commencé à « peindre notre pays avec des humeurs, des couleurs et une ambiance impossibles à confondre avec quoi que ce soit d’autre ».

Nommé chevalier en 1910, sir Byron Edmund Walker est désigné personne d’importance historique nationale en 1938.

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