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Songeuse et audacieuse : Margaret Duley de Terre-Neuve

Semaine du lundi le 24 septembre 2007

Née le 27 septembre 1894, à St. John’s (Terre-Neuve), Margaret Iris Duley deviendra une suffragette, une féministe et la première romancière de Terre-Neuve reconnue sur la scène internationale.

Margaret Iris Duley
© Memorial University of Newfoundland Libraries

Douée d’une imagination débordante, elle excelle pendant son enfance en écriture et en interprétation, talents qu’elle cultive plus tard à la Royal Academy of Drama and Elocution de Londres, en Angleterre.

De retour chez elle juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Margaret Duley joue un rôle actif au sein de la Women’s Patriotic Association (WPA), un groupe mis sur pied pour fournir aux soldats alliés des petits objets de première nécessité. Les chaussettes font partie de ces objets (la WPA en confectionne 62 685 paires) et deviennent le sujet de son premier ouvrage publié. Le poème en épilogue, A Pair of Grey Socks, est sa contribution à la petite brochure du même nom rédigée par sa mère et dédiée au régiment de Terre-Neuve engagé dans des combats outre-mer.

À la fin des hostilités, la WPA établit le cadre de la Women’s Franchise League et Margaret Duley y joue un rôle actif, défendant le droit de vote des femmes dans des groupes qui s’intéressent à la littérature et aux affaires publiques. Après avoir gagné sa cause aux élections municipales (1920) et parlementaires (1925), cette femme « charismatique, libre penseuse et indépendante d’esprit, qui s’exprime avec fougue », épouse une nouvelle cause : l’équité salariale et la place des femmes au travail, une cause peu populaire dans les années 1920, à Terre-Neuve. 

Eyes of the Gull (1936)
© Margot I. Duley

Son premier roman, The Eyes of the Gull (1936), connaît un succès instantané en Angleterre, au Canada et en Europe. En dépit des critiques formulées par la société terre-neuvienne en général, les membres de sa famille et ses amis proches la soutiennent et l’encouragent vivement à continuer. Jamais mariée, Duley donne naissance à quatre autres romans – qu’elle appelle ses « enfants de l’esprit » – dont trois lui valent un succès encore plus retentissant à l’échelle internationale. Ses romans empreints de poésie décrivent dans les moindres détails les gens qu’elle a connus ainsi que les paysages des îles qu’elle a explorées. Son œuvre illustre à la fois la beauté et la rigueur du climat de Terre-Neuve et Labrador. Chaque livre présente des personnages féminins indépendants et énergiques aux prises avec différents problèmes sociaux comme l’avortement, le divorce et la sexualité féminine, des sujets considérés comme tabous par la société terre-neuvienne.

Cold Pastoral (1939)
© Margot I. Duley
Le style du premier roman de Margaret Duley suit le modèle littéraire britannique fondé sur une perspective typiquement masculine. Cependant, dans son deuxième roman, Cold Pastoral (1939), elle s’affranchit de ce style et commence à intégrer les styles littéraires et les thèmes à la mode au 20e siècle. Chaque roman qu’elle rédige par la suite reflète une attitude et un point de vue féministes qui sont fondés uniquement sur ses expériences à Terre-Neuve.

En raison de sa contribution importante à la littérature canadienne et à la culture terre-neuvienne, Margaret Iris Duley a été désignée personne d’importance historique nationale en 1976.

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