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Une battante

Semaine du lundi le 7 mai 2007

La militante et féministe Idola Saint-Jean voit le jour le 9 mai 1880 à Montréal. Issue d’une famille de la classe moyenne, Idola a la chance de recevoir une excellente éducation, ce qui lui permet de devenir enseignante. Elle peut ainsi gagner sa vie sans avoir à se marier, un choix qui est contraire aux attentes de la société de l’époque.

© Société canadienne des postes/Bibliothèque et archives Canada 1990-033 CPA
Idola Saint-Jean
© Société canadienne des postes / Bibliothèque et Archives Canada / 1990-033 CPA
Idola est, selon ses dires, une « féministe de choc ». Elle n’a pas peur de s’exprimer, ni d’ébranler les esprits. Elle utilise ses talents d’oratrice et de journaliste pour sensibiliser les femmes de toutes les classes sociales aux injustices dont elles sont victimes. À cette époque au Québec, les femmes n’ont toujours pas le droit de vote alors que la plupart des Canadiennes ont acquis ce droit au niveau provincial entre 1916 et 1922. Plusieurs hommes et femmes voient le suffrage féminin comme une menace pour la société canadienne-française. De plus, le Code civil québécois confère le statut de mineure aux femmes mariées. Idola fait partie d’un mouvement de femmes qui se battent contre les gouvernements, les autorités religieuses et les préjugés de l’époque pour améliorer la condition féminine au Québec.

The Montreal Herald, vendredi, le 22 novembre 1922
- Votre bien! Tut-tut, la femme - ne soyez pas ridicule. Votre mari va s'occuper de cela et il va aussi toucher vos salaires.
© The Montreal Herald, le vendredi 22 novembre 1922
De 1922 à 1940, la priorité d’Idola est le suffrage féminin, bien qu’elle se consacre simultanément à d’autres causes sociales. Elle débute en 1921 au sein du Comité provincial du suffrage féminin, qu’elle quitte en 1927 pour fonder l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec. Elle se rend chaque année avec une délégation de femmes à l’Assemblée nationale pour faire valoir ses revendications, même si elle y soit souvent ridiculisée. Elle expose ses idées par le biais de sa tribune dans The Montreal Herald, le milieu anglophone étant plus ouvert aux réformes électorales que la société canadienne-française. Grâce à la persévérance d’Idola et d’autres militantes, les femmes obtiennent finalement le droit de vote le 25 avril 1940.

Idola devient en 1930 la première femme francophone à se porter candidate aux élections fédérales, mais sans succès. De plus, elle fait campagne pour que les femmes mariées puissent garder leur salaire, souscrire à une assurance-vie et contrôler leur compte de banque. Elle lutte aussi pour permettre aux femmes d’accéder aux professions, notamment à la pratique du droit. Elle ne revendique rien de moins que l’égalité entre les hommes et les femmes.

Les combats livrés par Idola Saint-Jean ont aidé les femmes à s’émanciper et à devenir plus autonomes, même une fois mariées. Après avoir obtenu le droit de vote, elles ont pu solliciter les gouvernements afin d’obtenir d’autres réformes aussi fondamentales. Idola Saint-Jean a été désignée personne d’importance historique nationale en 1997.

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