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No habla español : La retraite du « lac espagnol »

Semaine du lundi le 26 mars 2007

Le 28 mars 1795, la garnison espagnole en poste à Friendly Cove, en Colombie-Britannique, met les voiles et quitte la baie Nootka, mettant un terme aux explorations des Espagnols dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord. À la fin du 18e siècle, les autorités espagnoles avaient décidé d’aller au nord du Mexique pour établir leur souveraineté sur le bassin du Pacifique, également connu sous le nom de « lac espagnol ».

Maquinna et Kelekum
© Center for the Study of the Pacific Northwest, University of Washington

En 1774, Juan Perez explore les îles de la Reine-Charlotte et la côte ouest de l’île de Vancouver, faisant le commerce de la fourrure de la loutre de mer et d’autres animaux avec les Haïdas et les Premières nations Nuu-Chah-Nulth. L’année suivante, l’expédition Quadra-Hezeta se dirige vers le nord aussi loin qu’en Alaska. La mission Arteaga-Quadra de 1779, dont la destination est la Nueva Galicia (nord-ouest de l’Amérique du Nord), permet de dresser la carte de grandes sections de la côte et de cultiver des relations avec les peuples autochtones. L’exploration cesse jusqu’en 1788, date à laquelle l’explorateur français La Pérouse signale des colonies russes permanentes et de nombreux navires commerciaux britanniques et américains le long de la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord. Soucieuse de réaffirmer sa souveraineté, l’Espagne décide alors d’installer un poste permanent de traite des fourrures sur l’île de Vancouver.

Le captaine de la Bodega y Quadra, délégué espagnol, Convention de la baie Nootka
© Museo Naval, Madrid
En 1789, les forces espagnoles dirigées par Martinez commencent à construire des fortifications à Friendly Cove (la baie Nootka) et sur une île à proximité, San Miguel. Les confrontations qui s’ensuivent avec les commerçants britanniques et américains atteignent leur apogée lorsque le navire commercial britannique Argonaut refuse de hisser ses couleurs pour répondre aux Espagnols ou d’autoriser une inspection. Le capitaine est arrêté, et son navire ainsi que plusieurs autres vaisseaux sont confisqués. Le chef nootka Kelekum critique ces actions, ce qui provoque un incident qui lui coûte la vie; le chef nuu-chah-nulth Maquinna et son peuple abandonnent alors temporairement la baie.

La guerre qu’aurait pu déclencher la « controverse de la baie Nootka » est évitée lorsque l’Espagne et la Grande-Bretagne signent la première de trois conventions sur la baie Nootka en octobre 1790, ouvrant la région à tous les pays qui souhaitent commercer avec les peuples autochtones. Cependant, l’Espagne garde sa colonie espagnole intacte et continue ses explorations avec l’expédition désormais célèbre de Malaspina, en 1791, et les voyages de Caamano ainsi que de Galiano et Valdes, en 1792.

Le capitaine George Vancouver, délégué britannique, Convention de la baie Nootka
© National Portrait Gallery, NPG503

Les conventions améliorent les relations entre l’Espagne et la Grande-Bretagne et, en bout de ligne, avec les Premières nations. Pendant plusieurs mois chaque année, les deux pays collaborent pour tracer la carte du réseau de canaux et d’îles de cette région, partageant toutes leurs découvertes. Avec la troisième convention sur la baie Nootka en janvier 1794, l’Espagne et la Grande-Bretagne s’entendent pour retirer toutes leurs colonies permanentes. 

En 1795, les Espagnols quittent la baie Nootka, ce qui met un terme à l’implication de l’Espagne dans la colonisation de la côte nord-ouest du Canada. La dernière exploration espagnole a été désignée un événement d’importance historique nationale en 1927.

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