Cette semaine en histoire

Archives

Un être d’exception doté d’un esprit exceptionnel

Semaine du lundi le 12 février 2007

Le 12 février 1849, Edward William Thomson voit le jour au sein d’une famille bien connue de Toronto. Son arrière-grand-père a été le premier colon du canton de Scarborough tandis que son grand-père, un ancien combattant de la guerre de 1812, a déjà défait William Lyon Mackenzie à la tête du parti libéral de l’Ontario.

E. W. Thomson (1849-1924)
© John W. Garvin, 1916. Canadian Poets

Edward, lui, fera sa propre renommée. En apprentissage chez un oncle à Philadelphie, il a quatorze ans lorsqu’il rencontre Abraham Lincoln, une figure héroïque qui l’incite sans le savoir à s’engager, malgré son jeune âge, dans l’armée américaine pour combattre pendant la guerre de Sécession. Plus tard, il dira en plaisantant que cette escapade lui a valu une pension mensuelle de 12 $.

De retour au Canada, il s’enrôle de nouveau et combat les Fenians à Ridgeway, en Ontario, en 1866. En 1869, il accompagne le secrétaire d’État Joseph Howe dans sa visite de l’établissement de la rivière Rouge, où il cherche fortune pendant trois ans. Après être revenu dans l’Est, il fait des études d’ingénieur, puis travaille comme arpenteur. Lors de ses incursions dans l’arrière-pays rural, Thomson rencontre une foule d’individus au caractère fort. Cachant un cœur d’or sous des abords frustres, ces Irlandais, ces Écossais, ces Français et ces Anglais deviendront les personnages principaux de son œuvre littéraire.

Privilege of the Limits. Dessin exécuté par C.W. Jefferys
© 1917, George H. Doran. Old Man Savarin and Other Stories
Thomson grandit à l’époque des auteurs québécois du « Groupe de 1860 » et des « poètes de la Confédération » du Canada anglais. Il se lie d’amitié avec plusieurs auteurs et notamment avec Archibald Lampman, qu’il loue comme étant le meilleur poète du Canada. Thomson écrit peu, consacrant la plus grande partie de son temps à son travail au Globe de Toronto (de 1878 à 1891). À la suite d’un conflit d’opinion, il part « à la retraite » à Boston, où il devient réviseur au Youth’s Companion. En 1902, il revient au Canada une fois de plus et s’établit à Ottawa à titre de rédacteur et correspondant spécial pour le Boston Transcript, un poste qui lui permet d’exercer une influence considérable sur la littérature canadienne.

Ses poèmes et ses romans représentent son legs le plus important au patrimoine canadien. Old Man Savarin and Other Stories, un recueil de nouvelles, est encore au programme d’études des jeunes Canadiens. L’un des pionniers de la nouvelle moderne au Canada, Thomson aurait pu compter parmi les meilleurs écrivains de sa génération s’il s’était consacré à la littérature plutôt qu’au journalisme. Cependant, comme journaliste, il a aidé les Canadiens à mieux apprécier leur culture littéraire, et ses récits réalistes mettant en vedette « Savarin », acclamés par la critique, ont apporté une contribution majeure à la littérature nationale.

Soldat, arpenteur, auteur, poète et journaliste, Edward William Thomson a été désigné personne d’importance historique nationale en 1938.


 

Date de modification :