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« Pour le foyer et la patrie » : fondation du premier Institut féminin au Canada

Semaine du lundi le 19 février 2007

Erland Lee
Erland Lee
© Erland Lee Museum
Le 19 février 1897, à la suite d’une conférence inspirante prononcée par Adelaide Hunter Hoodless, le Women’s Institute of South Wentworth voit le jour. Bientôt, d’autres bureaux locaux de l’Institut s’établissent dans les collectivités de l’Ontario, puis dans l’ensemble du Canada. L’une des devises de l’Institut, « Pour le foyer et la patrie », traduit la conviction de ses membres quant à l’importance que revêt le travail au foyer et dans la communauté pour l’économie du pays et le bien-être de la population.

Janet Lee
Janet Lee
© Erland Lee Museum
Erland Lee (1864-1926) est un partisan des instituts féminins. Le 12 février 1897, il invite Mme Hoodless, militante renommée du droit des jeunes femmes à recevoir un enseignement en économie domestique, à parler des valeurs liées à cet enseignement lors d’une réunion de femmes du Farmers’ Institute of Saltfleet County. Huit jours plus tard, Lee convainc Hoodless de donner une autre conférence. C’est devant 101 femmes du Farmers’ Institute réunies au Squire’s Hall que Hoodless prononce son discours habituel sur la réforme nationale. Elle soumet à cette occasion la proposition de créer un institut féminin selon le modèle du Farmers’ Institute. La majorité des femmes votent massivement en faveur de cette proposition, avancée par Erland et sa femme, Janet. Au-delà du rôle clé de soutien masculin qu’il joue dans sa création, Erland obtient pour l’organisme le statut officiel d’institut auprès du directeur des Farmers’ Institutes, qui relève du ministère de l’Agriculture de l’Ontario.

Janet (1862-1940), la femme d’Erland, joue également un rôle de premier plan, en tant que membre du comité responsable de la création d’un acte constitutif pour le premier Institut féminin. Elle rédige à la plume la version finale de l’acte constitutif après avoir reçu l’approbation des membres du comité. La contribution de Janet à l’organisation ne s’arrête pas là. Elle est l’une des premières directrices du Stoney Creek Women’s Institute, et elle obtient, à deux reprises, le mandat de présidente, entre 1898 et 1906.

Timbre de 5¢ Union mondiale de femmes rurales (1959), qui commemorer l'établissement des instituts féminins en Canada et au monde
Timbre de 5¢ de l'Union mondiale de femmes rurales (1959), commemorant l'établissement des instituts féminins en Canada et dans le monde
© Société canadienne des postes {1959}. Reproduit avec Permission.
Après 1897, les instituts féminins s’installent partout au Canada. Les organisations sont profondément engagées dans les initiatives axées sur le bien-être social qui sont lancées dans les collectivités du pays, en établissant notamment des centres communautaires et des bibliothèques. En plus de ces initiatives, les instituts donnent la possibilité aux femmes de s’instruire et de tisser des liens sociaux. Pendant les réunions, les femmes assistent à des conférences sur une variété de sujets, dont la cuisine, l’horticulture et les soins de santé de base. Les réunions et les congrès annuels permettent aux femmes de rencontrer non seulement d’autres femmes de leur collectivité, mais aussi des femmes de tout le Canada. De telles rencontres luttent contre l’isolement qui était le lot des femmes en milieu rural à la fin du XIXe siècle.

La Maison-Musée-Erland-Lee, où a été signé l’acte constitutif du premier Institut féminin, est devenue un lieu historique national en 2002.

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