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La ligue des espoirs extraordinaires : le Canada et la Société des Nations

Semaine du lundi le 15 janvier 2007

La réunion inaugurale du Conseil de la Société des Nations se tient à Paris, en France, le 16 janvier 1920. Pendant les 26 années suivantes, la Société s’efforce de maintenir la paix internationale par le dialogue plutôt que par la force.

La délégation canadienne à la Société des Nations
La délégation canadienne à la Société des Nations
© Archives historiques de la Société des Nations, Bibliothèque de l'ONUG
La Société des Nations est créée après la Première Guerre mondiale (1914-1918). À la suite de la défaite de l’Allemagne et de ses alliés, le président des États-Unis, Woodrow Wilson, réclame une paix durable dans son discours en « quatorze points » prononcé le 8 janvier 1918 devant le Congrès. Parmi ses demandes, notons la liberté de navigation sur les mers, l’élimination de la diplomatie secrète et la création d’une association générale des nations. Cependant, Wilson ne convainc pas le Congrès américain de permettre aux États-Unis d’en faire partie, et l’organisation est ainsi très affaiblie.

Le pacte de la Société est ratifié le 29 avril 1919. La réaction du premier ministre, sir Robert Borden, est partagée : bien qu’il craigne que l’adhésion du Canada à cette organisation augmente les risques que le pays se retrouve en situation de conflit, il veut néanmoins que le Canada en fasse partie pour établir sa souveraineté dans le domaine des affaires internationales. Borden insiste et obtient pour le Canada le droit de ratifier le pacte indépendamment de la Grande-Bretagne – une étape clé de l’indépendance politique du pays.

Les organes principaux de l’organisation comprennent l’Assemblée et le Conseil. Au sein de l’Assemblée de tous les États membres, on accueille favorablement la participation du Canada dont les conseils sont sollicités. En 1935, le délégué du Canada, Walter A. Riddell, appuie les sanctions imposées à l’Italie sans avoir consulté au préalable le premier ministre William Lyon Mackenzie King, ce qui l’obligera par la suite à retirer son appui. Cet incident gênant illustre le peu d’enthousiasme du Canada envers les efforts déployérs par la Société pour contenir l’agressivité des États membres. C'est un manque de vision qui aura un jour des conséquences.

Raoul Dandurand
Raoul Dandurand
© Archives historiques de la Société des Nations, Bibliothèque de l'ONUG
Le Conseil compte quatre membres permanents (France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) et dix membres non permanents choisis pour des mandats de trois ans. En 1929, le Canada agit comme membre non permanent et est représenté par Raoul Dandurand qui revendique la protection des groupes minoritaires d’Europe de l’Est.

Si la Société enregistre plusieurs réussites importantes, elle ne parvient pas, en bout de ligne, à empêcher une autre guerre mondiale.

Le 18 avril 1946, la Société est remplacée par l’Organisation des Nations Unies, concept proposé par le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. Le 26 juin 1945, date de ratification de la Charte des Nations Unies à San Francisco, le Canada fait partie des 51 États membres d’origine. Lors de la dernière Assemblée de la Société des Nations, lord Robert Cecil, l’un des fondateurs, déclare : « La Société des Nations est morte, longue vie aux Nations Unies! »

Sir Robert Laird Borden et William Lyon Mackenzie King sont deux personnes d’importance historique nationale.

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