Cette semaine en histoire

Archives

Le « Lyon » et la fin de l'Empire britannique

Semaine du lundi le 13 novembre 2006

Le 18 novembre 1926, le rapport Balfour est adopté par les délégués de la Conférence impériale, à Londres, en Angleterre. Le rapport redéfinit le statut des pays de l’Empire britannique et crée un Commonwealth des nations, lesquelles sont désormais autonomes en matière d'affaires étrangères. Le premier ministre William Lyon Mackenzie King a joué un rôle important dans les débats qui ont abouti à la rédaction du rapport.

Le très honorable William Lyon Mackenzie King
Le très honorable William Lyon Mackenzie King
© Bibliothèque et Archives Canada / C-000389
À l’époque, le Canada jouit d’une certaine autonomie vis-à-vis de la Couronne britannique. Par contre, la Grande-Bretagne domine tout ce qui se rapporte aux affaires étrangères; elle signe tous les traités au nom du Canada, en plus de le représenter à des conférences internationales. C’est le cas de tous les pays de l’Empire britannique. Lors de la Conférence impériale de 1926, le débat sur la définition de l’indépendance fait surface. L’Afrique du Sud et l’État libre d’Irlande réclament une autonomie complète de la Couronne, alors que l’Australie et la Nouvelle-Zélande cherchent à conserver des liens étroits avec la mère patrie.

Au cours des débats acharnés, King s’impose comme médiateur et tente de trouver une solution acceptable pour tous les parties. Impressionné par la sagacité dont fait preuve King dans ces circonstances explosives, lord Balfour, qui préside la conférence, demande l’aide du premier ministre canadien pour la rédaction d’un rapport qui satisferait des revendications souvent contradictoires.

En tenant compte des besoins et de la situation particulière de chaque Dominion, King et lord Balfour élaborent en fait le Commonwealth des nations. Selon le rapport, les parties « … forment un ensemble de communautés autonomes au sein de l’Empire britannique, égales en statut, en aucun cas subordonnées l’une aux autres sur le plan des affaires intérieures et étrangères, mais unies par une allégeance commune à la Couronne et librement associées comme membres du Commonwealth britannique des nations » .

L'hon. Ernest Lapointe, le très honorable W.L. Mackenzie King, Vincent Massey et l'hon. Peter Larkin à la Conférence impériale, Londres, 1926.
L'hon. Ernest Lapointe, le très honorable W.L. Mackenzie King, Vincent Massey et l'hon. Peter Larkin à la Conférence impériale, Londres, 1926.
© Aitkin Ltd. / Bibliothèque et Archives Canada / C-001690
Pour le Canada, le rapport devient donc très important : il lui accorde un statut égal à celui de la Grande-Bretagne. Il peut maintenant signer ses propres traités et régler la majorité de ses affaires étrangères sans l’aide ou l’approbation de la mère patrie! Il s'agit d'un pas très important vers une autonomie complète. Par contre, celle-ci n’est pas réalisée pleinement avant 1931, avec l’adoption du Statut de Westminster qui accorde enfin l’indépendance complète aux Dominions du Commonwealth et met fin à l’Empire britannique.

Médiateur important lors de la Conférence impériale de 1926, le premier ministre William Lyon Mackenzie King a été désigné personne d’importance nationale en 1967.

Date de modification :