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Une fenêtre sur le marché chinois

Semaine du lundi le 21 août 2006

Le 21 août 1972 s’ouvre une exposition commerciale de dix jours à Pékin (aujourd’hui Beijing), en Chine. Parrainée par le secrétaire d’État aux Affaires extérieures, Mitchell Sharp, cette exposition est à l'époque la plus importante activité diplomatique entreprise par le Canada. Elle vise un rapprochement entre le Canada et la République populaire de Chine.

Mitchell Sharp visitant la Chine en octobre 1972
Mitchell Sharp visitant la Chine en octobre 1972
© Photographe inconnu / Bibliothèque et Archives Canada / 2000629982-11
C'est seulement en 1968 que le dialogue officiel reprend entre Ottawa et Pékin après une vingtaine d'années de refroidissement diplomatique. Contrairement aux États-Unis, le Canada avait conservé certains liens commerciaux avec la Chine, par la vente de blé, au cours des années 1960. La reconnaissance du gouvernement chinois communiste par le gouvernement canadien le 13 octobre 1970, un enjeu qui tient à cœur au premier ministre Pierre Elliott Trudeau, est une décision délicate puisqu’elle suppose le rejet du gouvernement taïwanais (territoire revendiqué par la Chine). Cette initiative canadienne va aider la Chine à s’ouvrir au reste du monde et à devenir un membre permanent au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies.

L'élection du président américain Robert Nixon avait affecté les relations économiques avec le Canada qui était, selon Mitchell Sharp, le « meilleur client » des États-Unis. En renouant avec la Chine, que les États-Unis ne reconnaissent pas, le Canada se trouve un nouveau partenaire économique qui diminue l'impact de la politique étasunienne. L’exposition commerciale de Pékin cherche à diversifier les échanges entre les deux pays.

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L'ouverture de l'exposition commerciale de Pékin
© Photographe inconnu / Bibliothèque et Archives Canada / 2000629982-12

M. Sharp avait reconnu la trop grande dépendance canadienne face à l’économie étasunienne. Sa solution, dite la «troisième      option», consiste en une politique marquée par une plus grande ouverture envers d’autres partenaires commerciaux, dont la Chine qui était un marché essentiel à la stabilisation du commerce du grain des Prairies. Bien que représentant le quart de la population mondiale, le marché chinois reste essentiellement agricole et pauvre, ce qui entrave la diversification commerciale. En somme, l’exposition permet à une délégation de 500 hommes d’affaires de présenter 700 tonnes de produits à 250 000 Chinois!

L’exposition commerciale de Pékin d’août 1972 marque une étape importante de l’histoire des relations entre le Canada et l'Asie. Bien que l’exposition ne bouleverse pas les relations commerciales canadiennes, elle débloque un nouveau marché et aide la Chine à entrer dans le concert des nations. La visite de Mitchell Sharp à Pékin en 1972 et celle du premier ministre Pierre Elliott Trudeau (désigné personne historique nationale) en 1973 ont servi à mieux faire connaître le Canada non seulement en Asie, mais aussi dans le monde entier.

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