Cette semaine en histoire

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C'est la fête au fort Hamilton

Semaine du lundi le 3 juillet 2006

Le 8 juillet 1874, la Police à cheval du Nord-Ouest (P.C.N-O.) entame sa grande « marche vers l’Ouest » pour débarrasser les plaines canadiennes de plus de 20 « forts à whisky » américains, dont le plus célèbre est le fort Whoop-Up.

Le fort Whoop-Up
Le fort Whoop-Up
© Heritage Community Foundation de l'Alberta
La I.G. Baker Company du fort Benton, au Montana, fonde en 1869 le fort Hamilton, au sud de l'actuelle ville de Lethbridge, en Alberta. Mieux connu sous le nom de fort Whoop-Up (de « whooping-it-up » qui signifie en anglais « faire bruyamment la fête »), il brûle dès la première année puis est reconstruit, en plus grand, sous la direction de John J. Healy et de Donald W. Davis.

Le fort Whoop-Up représente la dernière étape d’un sentier appelé « Whoop-Up Trail », que les habitants du Montana empruntent afin de contourner les lois américaines qui interdisent la vente d’alcool aux Autochtones. Ce sentier leur permet de se rendre au Canada pour faire leur commerce, où il n’y a personne pour les arrêter. Ceux qui transportent l’alcool vers les forts par train de bétail trouvent facilement leur chemin, le sentier étant bordé de bouteilles cassées. Dans les « forts à whisky », l’alcool est dilué avec des colorants et de l’eau pour augmenter les quantités. On y ajoute également des produits chimiques pour le rendre plus inflammable, ce qu’apprécient les Autochtones amateurs d’ « eau de feu ». L’ajout incontrôlé d’additifs rend cependant la boisson mortelle.

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À l'intérieur de la réplique du fort Whoop-Up.
© James A. Janke, 2002.
En réaction au commerce du whisky, qui ne cesse de prendre plus l’ampleur, le gouvernement du Canada fonde la P.C.N-O. pour rétablir l’ordre dans l’Ouest. Pour se distinguer de la cavalerie américaine, ses membres portent une tunique rouge. Fondée en 1873 sous le commandement du colonel French, la P.C.N-O. a pour premier mandat de mettre fin au commerce du whisky. Après un an de recrutement, elle entreprend avec 255 hommes une marche de plusieurs mois dans des conditions terribles et arrive enfin, le 9 octobre 1874, au fort Whoop-Up, situé au confluent des rivières Oldman et St. Mary. Le major James Macleod, qui a conduit les hommes au fort, est outré de n’y trouver ni alcool ni Américains; il n’y a que le gardien, Dave Akers, laissé sur place par Healy et Davis, qui se sont enfuis. Akers a beau jurer qu’ils ne vendaient que des fourrures, Macleod est sceptique; il propose à Akers d’acheter le fort, pour qu’il ne puisse plus servir au commerce de l’alcool. Conscient que ce commerce est condamné de toute façon par l’arrivée de la P.C.N-O., Baker vend le fort à la Police, qui l’utilise comme avant-poste jusqu’à ce qu'il soit détruit par un incendie. En 1967, on y construit un centre d’interprétation, réplique exacte du fort.

Le fort Whoop-Up rappelle une des premières manifestations du libre-échange en Amérique du Nord; à l’origine de la création de la P.C.N-O., ancêtre de la Gendarmerie royale du Canada, il devient un lieu historique national en 1963.

Pour en savoir plus sur la P.C.N-O., lisez ces deux récits dans les archives de Cette Semaine en histoire : La création d’un corps policier national et Les tuniques rouges à Lower Fort Garry.

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