Cette semaine en histoire

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Ce n’est pas le Pacifique ni un lac brumeux, c’est l’Arctique!

Semaine du lundi le 10 juillet 2006

Le 12 juillet 1789, l’explorateur sir Alexander Mackenzie atteint l’océan Arctique, à l’embouchure de ce qu’on appelle aujourd'hui le fleuve Mackenzie, ce qui permet d’étendre l’influence du Canada jusque dans le Nord.

Sir Alexander Mackenzie
© T. Lawrence / BAC C-1348
Alexander Mackenzie naît en 1764 à Stornoway, en Écosse, et immigre à New York avec son père et deux de ses tantes en 1774. Il déménage toutefois à Montréal en 1778 pour échapper à la Révolution américaine. Un an plus tard, Mackenzie, captivé par l’aventure qu’offre le commerce de la fourrure, va travailler pour l’entreprise commerciale Findlay & Gregory dont le siège social est à Montréal. En 1784, l’entreprise envoie Mackenzie à Détroit en tant que commerçant. Les partenaires remarquent ses qualités de chef et lui offrent de le prendre comme associé s’il accepte d’aller au « pays des Indiens » dans le Nord-Ouest, afin de découvrir une nouvelle frontière.

Parti de Fort Chipewyan le 3 juin 1789 avec quatre voyageurs canadiens-français, un jeune Allemand, un guide chipewyan et des commerçants autochtones, Mackenzie se déplace lentement sur la rivière Slave, en raison de nombreux rapides et de la glace qui retarde leur périple dans le Grand lac des Esclaves. Mackenzie s’attend à trouver une route vers le Pacifique, mais il devient évident qu’ils progressent vers le nord, et non vers l’ouest.

Carte de la côte de l'Arctique dessinée à partir des données recueillies par Mackenzie
© A Arrowsmith, "The World", 1806 (Collection privée- P.Goldring)
Le 10 juillet, voici ce qu’écrit Mackenzie dans son journal : « Je ne sais vraiment pas quoi faire en ce moment… mais il est certain que ma progression dans cette direction ne me permettra pas d’atteindre l’objectif du voyage, puisqu’il est évident que les eaux doivent se déverser dans l’Océan du Nord. » Il décide néanmoins de continuer et, deux jours plus tard, il arrive à ce qu’on appelle aujourd'hui le delta du Mackenzie. À ce moment, le ciel est très brumeux, et le groupe se demande s’il a trouvé un grand lac ou l’océan aux eaux salées. Après quatre nuits passées sur une île, qu’il nomme l’« île Whale » (aujourd'hui l’île Garry, Territoires du Nord-Ouest) en raison des nombreuses baleines à proximité, Mackenzie entreprend le voyage de retour vers Fort Chipewyan le 16 juillet, où il arrive le 12 septembre.

En 102 jours, Mackenzie a parcouru un peu plus de 3000 milles et, malgré les difficultés, il prépare une deuxième expédition vers le Pacifique, qui s’avérera très fructueuse. Plus important encore, son voyage aura permis de découvrir de nouvelles frontières et des terres auparavant inconnues – connues des Inuvialuit de la région, mais inconnues et inexplorées par les Européens. La découverte du fleuve Mackenzie est un événement d’importance historique nationale et constitue l’une des nombreuses formes de commémoration de Mackenzie par la CLMHC.

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