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Du soleil en tube : Thomas « Carbide » Willson

Semaine du lundi le 1er mai 2006

Le 2 mai 1892, après d'interminables expériences pour mettre au point une méthode efficace et économique de produire de l’aluminium, Thomas Leopold Willson crée inopinément une substance métallique qui, « lorsqu’on l’immerge dans l’eau », dégage un curieux gaz inflammable qui sent « l’ail ».

Thomas « Carbide » Willson (1860-1915)
© Bibliothèque et Archives Canada / C-53499
Auparavant, Thomas Willson a tenté à plusieurs reprises de commercialiser son système de dynamo électrique et d’éclairage à arc ainsi que d’autres inventions, mais sans résultat. Pendant 10 ans, ces revers l’obligent à se déplacer d’un endroit à l’autre, ce qui le mène un jour à Spray, en Caroline du Nord, où il connaît son premier grand succès. Les mystérieux composés de la substance créée par Thomas Willson sont du carbure de calcium (« l’or gris ») et de l’acétylène, un gaz. Les deux ont été découverts en 1828, mais Thomas Willson trouve une méthode de synthèse du carbure de calcium qui est un million de fois plus productive que n’importe quelle autre.

Thomas « Carbide » Willson regagne le Canada en 1894 et fonde la Willson Carbide and Acetylene Works, la première usine électrochimique du Canada, à Merritton (maintenant St. Catherines), en Ontario. D’autres usines du genre ouvrent à Shawinigan et à Ottawa. La lumière pure et blanche produite par l’acétylène est utilisée pour l’éclairage des trains, des phares, des bouées, des bicyclettes, des mines et des voitures; ce mode d’éclairage est souvent en compétition directe avec les systèmes d’éclairage incandescent d’Edison. Cependant, sa valeur réelle réside dans la soudure et la coupe de l’acier. La flamme produite par l’oxygène et l’acétylène atteint 3 300° Celsius – deux fois plus que la flamme produite par la technologie du soudage de l’époque – et contribue grandement à la production de masse de bateaux et d’équipement industriel lourd, en plus de lancer la chaîne de montage dans l’industrie de l’automobile.

L'usine Carbide, de l'île Victoria, Ottawa
© SMCC, photo: H. Foster, no D2005-00061

La confiance, l’esprit d’initiative et l’ingéniosité de Thomas Willson contribuent de façon importante à l'essor des sciences et de la technologie au Canada. Il engage de jeunes scientifiques et les encourage à innover et à mettre au point de nouveaux procédés qui dépassent ses propres découvertes. Il confie la gestion de ses entreprises aux experts et réintègre son laboratoire où il se consacre à des projets aussi diversifiés que les canons de marine en aluminium, les « super » engrais et l’amélioration des réseaux téléphoniques ruraux. Même si certains pourraient considérer comme un échec le fait que Thomas Willson ait renoncé à des fortunes, celui-ci mène une existence riche en expériences et en découvertes.

Thomas Edison, peut-être l’inventeur le plus célèbre de l’époque, a affirmé un jour : « Je n’ai pas essuyé 1 000 échecs. J’ai plutôt trouvé 1 000 façons de ne pas faire les choses. » Cette affirmation pourrait très bien décrire l’optimisme de Thomas Willson à l’égard des découvertes scientifiques. Thomas « Carbide » Willson, l’homme qui a créé l’industrie électrochimique internationale en transformant de « l’eau en lumière », a été désigné personne d’importance historique nationale en 1972. L’usine de Willson à Ottawa, aujourd'hui abandonnée, se trouve encore sur l’île Victoria et rappelle cette ère d’inventions et d’innovation.

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