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Margaret Newton et la lutte contre la rouille du blé

Semaine du lundi le 17 avril 2006

Margaret Newton, une scientifique exceptionnelle et une pionnière dont les travaux en phytopathologie ont contribué à protéger les récoltes canadiennes contre la rouille du blé, naît le 20 avril 1887.

La rouille du blé
La rouille du blé
© Manitoba Agriculture
En 1916, une épidémie de rouille du blé détruit plus de la moitié des récoltes de blé au Canada, soit environ 30 millions de boisseaux, portant un coup dur à l’économie canadienne. Personne ne comprend la nature de la rouille du blé ni ne sait comment éviter une autre épidémie désastreuse. Les phytopathologistes, dont ceux du collège Macdonald (Université McGill) où Margaret Newton est étudiante de premier cycle en agronomie, concentrent donc leurs efforts sur la lutte contre cet ennemi des récoltes.

Après avoir fréquenté l’Université McMaster où elle fait des études en arts, Margaret Newton a tôt fait de rejoindre sa sœur et ses frères au collège Macdonald où, en 1918, elle devient la première diplômée en agronomie. Ayant obtenu sa maîtrise en 1919, elle est la première Canadienne à avoir un doctorat en agronomie.

Pendant ses études de premier cycle, en 1917, Margaret Newton travaille avec le professeur W.P. Fraser, l’un des premiers Canadiens à se spécialiser dans la rouille, et se pique d'un intérêt marqué pour le sujet.

Charles Saunders, céréalier du Dominion à la Ferme expérimentale centrale d’Ottawa et créateur du blé Marquis, est si impressionné par les travaux de Margaret Newton qu’il l’invite à participer à ses projets de recherche sur la reproduction quand elle aura obtenu son diplôme. Préférant se consacrer à la lutte contre la rouille du blé, elle refuse son offre. Grâce au blé Marquis que M. Saunders lui fournit pour ses travaux, elle fait toutefois une découverte importante : il existe plusieurs variétés ou « races » de rouille du blé. Cette découverte mènera à la mise au point de grains résistants à la rouille.

En 1925, Margaret Newton entre au Laboratoire fédéral de recherche sur les rouilles de Winnipeg, où elle travaille jusqu’à ce que la maladie l’oblige à prendre sa retraite en 1945.

Margaret Newton
Margaret Newton
© Société royale du Canada.
Newton mène une carrière exceptionnellement longue qui lui vaut de nombreux éloges. Ses travaux méticuleux permettent de mieux comprendre la rouille du blé et surtout la rouille de la tige du blé, en plus de rendre possible la mise au point de grains résistants à la rouille. Cette innovation fournit aux Canadiens les moyens de maîtriser la rouille du blé et de prévenir une autre épidémie. De plus, ses travaux sur la résistance à la rouille dans le bagage génétique lui valent une reconnaissance à l’échelle internationale ainsi que le respect de ses collègues masculins.

Margaret Newton a été la première femme à recevoir la médaille Flavelle et la deuxième à être élue membre de la Société royale du Canada. Margaret Newton a été désignée personne d’importance historique nationale en 1996 en raison de sa contribution à la science.

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