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Le rayonnement du Cap-Spear

Semaine du lundi le 28 août 2006

Le 1er septembre 1836, entre en service le phare du Cap-Spear, le plus ancien phare côtier qui subsiste à Terre-Neuve. Situé au point le plus à l’est du continent, Cap-Spear est le premier endroit au Canada où l’on peut admirer le lever du soleil.

L'ancien phare du Cap-Spear
© Musée canadien des sciences et de la technologie

La construction du phare débute en 1834 par des entrepreneurs locaux, Nicholas Croke et William Parker. C’est le premier projet public d’envergure entrepris par le gouvernement colonial de Terre-Neuve après que la Grande-Bretagne lui a accordé la représentativité en 1832. Occupant un emplacement névralgique pour la pêche, le phare doit guider les navigateurs vers le port de St.John’s situé à 11 kilomètres au sud.

Ce phare est constitué d’un bâtiment d’habitation carré en bois de deux étages entourant une tour de pierre de 9,15 mètres surmontée par une lanterne et un dôme. La beauté de son architecture est préservée et rappelle celle des phares de l'est du Canada. Le premier équipement catoptrique (lampe à réflexion simple), avec ses sept brûleurs Argand, est importé du phare d’Inchkeith en Écosse. Il fonctionne d’abord avec de l’huile de baleine, puis en 1840 on opte pour l’huile de phoque jusqu’à sa conversion au kérosène en 1874. Au début des années 1910, la lanterne est remplacée par une lumière dioptrique, c’est-à-dire à lentille, jusqu’à ce que l’électricité soit instaurée en 1929.

Le nouveau phare du cap Spear
© Parcs Canada

Emmanuel Warre a été le premier gardien du phare, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1846. Ensuite, James Cantwell, qui est recommandé par la Couronne, et ses descendants prennent soin de l’endroit jusqu’en 1952. Le phare doit subir diverses modifications au cours de son existence, notamment à la suite des nombreuses tempêtes qui l’endommagent ou parce que la famille du gardien s’agrandit.

Le site joue un rôle important dans la défense de l’Amérique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale. Entre 1941 et 1945, des garnisons des forces canadiennes et américaines y installent un fort militaire. Sa position stratégique permet de protéger l’accès au port de St-John et de défendre les convois transportant des marchandises. De nos jours, on y trouve des vestiges de cette période, dont deux emplacements pour des canons et des passages souterrains donnant accès à un bunker en béton.

Cet ancien phare a été remplacé par une tour moderne en 1955. Aujourd’hui, on y conserve des objets anciens qui documentent la vie familiale d’un gardien de phare au 19e siècle. En raison de son âge et de son architecture, l’ancien phare du Cap-Spear a été désigné lieu d’importance historique nationale en 1962.

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