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Rétrospective sur une poétesse : la Canadienne Isabella Valancy Crawford

Semaine du lundi le 6 février 2006

Isabella Valancy Crawford, l’une des toutes premières et des plus remarquables auteures de poésie et de prose au Canada, décède le 12 février 1887.

Isabella Valancy Crawford
© Metropolitan Toronto Reference Library T16275
Isabella naît à Dublin, en Irlande, le jour de Noël 1850. Sa famille immigre en Amérique du Nord au milieu des années 1850 et s’établit à Paisley, un petit village de l’ouest de l’Ontario, où les services du père d’Isabella, médecin, sont mal rémunérés. Après plusieurs années difficiles à Paisley et dans d’autres petites villes, la famille intégre la ville plus prospère de Lakefield, dans l’est de l’Ontario, où ont auparavant vécu deux autres auteures canadiennes, Catherine Parr Traill et Susanna Moodie. Vers 1870, la famille Crawford s’installe dans la ville de Peterborough, en Ontario. C’est à cet endroit, au bord de la rivière Otonabee, que Isabella commence à écrire sérieusement, s’inspirant en grande partie de la beauté de la nature qui l’entoure et qu’elle admire de près lors de randonnées en canot sur la rivière.

Le père d’Isabella meurt en 1875. L’année suivante, comme ses 11 frères et sœurs, à l’exception d’un seul, sont aussi décédés, Isabella doit se rendre à l’évidence : elle doit assurer sa subsistance et celle de sa mère grâce à ses écrits.

Bancs de lys sur la rivière Indien, à l'est de Peterborough
© Darrell Whalen 2005
Les deux femmes déménagent à Toronto où le vaste milieu littéraire offre à Isabella de bonnes possibilités de voir ses œuvres publiées. Elle doit toutefois mettre de côté sa propre impulsion créatrice pour se plier aux demandes des lecteurs des revues populaires dans lesquelles sa prose et sa poésie sont publiées. Ainsi, elle écrit surtout des vers simples, des saynètes humoristiques, des courtes histoires romantiques et de petits romans mélodramatiques.

Quoi qu’il en soit, l’œuvre d’Isabella Valancy Crawford demeure remarquable en raison de l’imagination avec laquelle elle dépeint la société et le paysage canadiens dans lesquels elle a grandi. Le poème figurant le plus souvent dans les anthologies s’intitule « Malcolm’s Katie » et raconte une histoire d’amour typiquement canadienne se déroulant dans un nouveau monde, royaume de l’exploitation forestière et agricole. Mme Crawford a reçu très peu de reconnaissance de son vivant; ce n’est que dans les années 1970, lors de la découverte de manuscrits inédits, que le milieu littéraire a commencé à étudier sérieusement son œuvre.

En 1945, Isabella Valancy Crawford a été désignée personne d’importance historique nationale et en 1983, près d’un siècle après sa mort, une plaque commémorative a été installée dans le parc Scott’s Plains à Peterborough, Ontario, près de l’endroit où elle a vécu.

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