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On l’appelait « oncle Louis »

Semaine du lundi le 14 novembre 2005

Le 15 novembre 1948, Louis Stephen St-Laurent devient le 12e premier ministre du Canada. Le parti libéral craint que sa réserve et ses manières aristocratiques ne lui aliènent les Canadiens, mais à l’élection générale de 1949, il surprend tout le monde par sa simplicité et par ses rapports sereins avec les jeunes. Il invite même les médias chez lui et pose pour le photographe en compagnie de ses petits-enfants, une première pour un premier ministre en poste. Ainsi naît l’image de « l’oncle Louis », grâce à laquelle il remportera la victoire.

Avec ses petits-enfants à une réunion familiale
© Herbert L. McDonald / Bibliothèque et Archives Canada / PA-125907

Louis St-Laurent naît le 1er février 1882 à Compton, au Québec. Bilingue, il est extrêmement fier de ses ancêtres et de sa culture franco-britanniques. Excellent étudiant, l’aspirant avocat maîtrise facilement le code civil français et le common law britannique à l’Université Laval. En 1912, St-Laurent fait irruption sur la scène nationale lorsqu’il défait le puissant Canadien Pacifique devant les tribunaux. Plus tard, ses activités remarquées en droit constitutionnel lui valent l’attention du premier ministre Mackenzie King qui, en 1941, le convainc, malgré ses hésitations, de se lancer en politique.

En tant que ministre de la Justice, St-Laurent est responsable de plusieurs initiatives, dont le controversé projet de loi sur la conscription (1944), dans le cadre duquel son appui indéfectible empêche l’effondrement du gouvernement King et de l’effort de guerre. En tant que ministre des Affaires extérieures, St-Laurent formule une politique étrangère canadienne unique, axée sur le respect de toutes les nations. Favorisant une participation active au sein du Commonwealth britannique, de l’OTAN et de l’ONU, il fait accéder le Canada au statut de moyenne puissance et de médiateur. St-Laurent est le premier à préconiser la création d’une force permanente de maintien de la paix relevant de l’ONU. Il appuie également le rôle du Canada dans la guerre de Corée (1950-1953) et soutient activement les efforts du ministre des Affaires extérieures, Lester B. Pearson, visant à déployer la première force de maintien de la paix de l’ONU afin de régler la crise du canal de Suez en 1956.

Le premier ministre St-Laurent faisant un arrêt impromptu durant la campagne de 1948
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-123988
Ayant subi une amère défaite à l’élection générale de 1957, « oncle Louis » se retire de la vie politique et retourne à la pratique du droit. Son leadership durant la « décennie d’or » du Canada a donné lieu à la nomination du Canadien Vincent Massey au poste de gouverneur général, à l’adhésion de Terre-Neuve à la Confédération, à la construction de la Transcanadienne et de la Voie navigable du Saint-Laurent, à l’inauguration du Conseil des Arts du Canada et à la création de programmes sociaux tels que les allocations familiales, l’assurance-chômage, la pension de vieillesse et le financement des universités.

Pour son rôle essentiel dans la promotion de l’unité canadienne et d’une identité propre au Canada sur le plan international, Louis Stephen St-Laurent a été désigné personne d’importance historique nationale en 1973.

Pour en savoir plus sur les jeunes années de Louis St-Laurent, visitez le site Web du lieu historique national Louis S. St-Laurent.

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