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La mesure du temps – la tour de l’horloge d’Halifax

Semaine du lundi le 17 octobre 2005

Le 20 octobre 1803, les cloches d’une nouvelle tour d’horloge saluent les habitants d’Halifax. En 1799, Son Altesse Royale le prince Édouard, duc de Kent, avait commandé une horloge pour la garnison d’Halifax et conçu, en collaboration avec le capitaine William Fenwick, natif d’Halifax, une tour d’horloge distinctive dans le cadre de son projet de « civilisation » de la ville. Installée sur les pentes verdoyantes du glacis de la Citadelle, l’horloge était visible à la fois par la garnison et par les habitants de la ville.

La tour de l’horloge d’Halifax
© Parcs Canada / 2003

Associée au départ à la vocation militaire de la ville, l’horloge d’Halifax en est aujourd’hui un symbole reconnu partout dans le monde. La conception de la tour octogonale de trois étages est exceptionnelle pour une horloge de ce type et toute la structure est un excellent exemple d’architecture palladienne du début du 19e siècle. Une firme londonnienne réputée, la Royal House of Vulliamy, a fourni le mécanisme d’horlogerie d’une tonne qui marque encore aujourd’hui les heures. Les rouages sont contenus dans un châssis en fonte situé dans une pièce aménagée sous le beffroi. L’horloge doit être remontée chaque semaine pour maintenir l’oscillation de son pendule de 13 pieds. La durabilité du mécanisme est attribuée à la lenteur de son mouvement.

La tour de l’horloge d’Halifax a été le témoin de nombreux événements tantôt gais, tantôt tragiques. Son pendule a marqué le passage du temps de la guerre de 1812 à la création du Dominion du Canada en 1867, avant d’assister au développement de la nouvelle nation, rythmé par l’arrivée des immigrants, des réfugiés, des esclaves affranchis et des colons. Les cris de la foule venue encourager les soldats canadiens sur le point de s’embarquer pour la Crimée, l’Afrique du Sud et l’Europe ont sans doute étouffé le tintement de ses cloches. Elle égrenait les heures lorsque les églises de la ville ont sonné le glas pour les victimes du naufrage du Titanic, en 1912, puis pour celles de la terrible explosion d’Halifax de 1917. Elle a assisté à la naissance de la Marine canadienne (1910), à l’arrivée des vestiges des flottes marchandes des pays occupés d’Europe (1940) et au départ de nombreux convois de ravitaillement destinés à secourir la Grande-Bretagne assiégée pendant la Seconde Guerre mondiale.

De jeunes immigrants attendant les formalités douanières, au Quai 21, à Halifax
© Bibliothèque et Archives Canada
Pendant 202 ans, la tour de l’horloge a connu successivement plusieurs périodes de négligence et d’attention. Grâce à la reconstruction d’une bonne partie de sa structure (1960-1962) et à la restauration complète de son extérieur au début des années 1990, les générations à venir pourront profiter de ce point d’intérêt pendant encore de nombreuses années.

Symbole de la ville reconnu à l’échelle régionale, nationale et internationale, la tour de l’horloge d’Halifax fait partie intégrante du lieu historique national de la Citadelle-d’Halifax, qui a été désigné en 1935.

Pour plus d’information au sujet de l’explosion d’Halifax de 1917, visitez Maritime Museum of the Atlantic (en anglais seulement).

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