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Le « commis voyageur » est mort, mais la forêt vit

Semaine du lundi le 5 décembre 2005

Le 8 décembre 1925 meurt John Rudolphus « J.R. » Booth, l’un des plus illustres commis et bûcherons de l’Ontario.

La forêt de la face nord du lac Kaminiskeg et de la rivière Madawaska.
© Parcs Canada / Joshua Blank / 2005

Fournisseur du bois d’œuvre qui a servi à la construction des édifices du Parlement, il est considéré par plusieurs comme le « plus grand bûcheron de l’histoire ». Sa famille hérite de 23 millions de dollars, de son manoir rue Metcalfe à Ottawa, ainsi que de nombreux commerces et entreprises d’exploitation forestière et de pâte et papier.

Au début des années 1800, alors que les guerres napoléoniennes sévissent en Europe, la vallée de l’Outaouais fournit du pin et du chêne à la marine britannique pour la construction de ses navires. Après la guerre, les exportations se poursuivent. Bien que Philemon Wright soit le premier à exploiter les ressources forestières de la vallée de l’Outaouais, en établissant le moulin des chutes de la Chaudière en 1806, c’est J.R. Booth qui domine cette industrie à partir du milieu des années 1800.

Booth obtient les droits de coupe sur un territoire de forêts de pins non gemmés de 250 miles carrés dans la région de la rivière Madawaska et du parc Algonquin. En 1892, ses moulins produisent 140 millions de pieds-planches de bois débité. Booth continue de développer son industrie en construisant la ligne de chemin de fer privée la plus importante au monde, longue de 645 kilomètres, pour transporter le bois d’œuvre des camps jusqu’à son empire à Chaudière. La Compagnie de chemin de fer d’Ottawa, Arnprior et Parry Sound est mise sur pied en 1896 puis vendue à la Grand Trunk Railway en 1904.

Un camp de bûcherons de la compagnie de J.R. Booth au lac Aylen, en 1895
© Bibliothèque et Archives Canada / C-075266
De nombreux bûcherons et colons travaillent dans des compagnies forestières dirigées par de grands magnats tels Booth, Daniel McLachlin, et M.J. O’Brien. L’hiver, lorsque l’eau et le sol gelés facilitent le transport du bois, des milliers de bûcherons partent travailler dans les camps, attirés par le salaire saisonnier. Ils abattent et équarrissent par milliers des pins non gemmés qui sont ensuite tirés par des chevaux à l’extérieur de la terre à bois. Les bûcherons logent dans des cambuses surpeuplées où ils passent l’hiver jusqu’à leur retour à la maison au printemps, lorsque la fonte des glaces permet le transport des billots sur les rivières Madawaska et Petawawa.

Bien qu’il ne reste que quelques peuplements d’arbres non gemmés - comme le Lieu historique national du Bosquet-et-de-la-Maison-Gillies – le bois de sciage demeure l’industrie principale dans la plus grande partie de la vallée de l’Outaouais. De grandes entreprises, comme la Murray Brothers Lumber Company Ltd., créée à l’époque de J.R. Booth, maintiennent la tradition bien établie de la récolte du bois. Une plaque commémorant Philemon Wright, personne d’importance historique nationale, a été dévoilée à Gatineau, (Québec) en 2000, et l’Industrie forestière dans la vallée de l’Outaouais a été désignée événement d’importance historique nationale en 1943.

Pour obtenir plus d’information sur Philemon Wright, consultez la page Web sur l’histoire de la fondation de Hull. 

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