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Préserver le passé pour l’avenir

Semaine du lundi le 10 octobre 2005

Le 13 octobre 1856, Robert Christie – avocat, officier de milice, fonctionnaire, journaliste, homme politique et historien – décède à Québec. Peut-être connu surtout pour sa carrière parlementaire tumultueuse, il est aujourd’hui reconnu pour son dévouement à assurer la conservation des documents relatant les débuts du Canada et également pour ses recherches objectives sur l’histoire du Bas-Canada.

Robert Christie (1788-1856)
© Avec la permission de la Ville de Montreal - Gestion de documents et archives
Robert Christie naît en 1788 à Windsor, en Nouvelle-Écosse. Après des études à King's College à Halifax, il déménage à Québec en 1805, où il entreprend un stage en droit auprès d'Edward Bowen, futur procureur général du Bas-Canada. Il reçoit sa commission d'avocat en 1810 et entreprend l’exercice du droit tout en servant en tant que capitaine de milice pendant la guerre de 1812. Après la guerre, il fonde le Quebec Telegraph, un hebdomadaire bilingue traitant de l’actualité locale. Le journal n’existe que pendant deux ans, mais il permet néanmoins à Robert Christie de démontrer son intégrité, ce qui lui vaut d’être très respecté dans les cercles gouvernementaux et d’être nommé greffier en loi de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, poste qu'il occupe jusqu’en 1827.

Élu député de Gaspé en 1827, il est cependant expulsé par la Chambre en 1829 pour avoir, alors qu’il était président de la Cour des sessions trimestrielles du district de Québec, recommandé uniquement le renouvellement à la commission de magistrat des candidats favorables au gouverneur Dalhousie. Ainsi débute la saga électorale d’un Robert Christie obstiné qui, à quatre reprises entre 1829 et 1832, se fait réélire puis expulser aussitôt par la Chambre en raison de cette controverse politique.

Volume V, page titre. Copie appartenant et signé par Louis-Joseph Papineau
© University of British Columbia Special Collections - Thomas Murray Collection
Convaincu que « l’histoire d’un peuple c’est aussi une partie du bien public » [trad.], Robert Christie délaisse la politique en 1832 pour poursuivre sa chronique de l’évolution politique du Bas-Canada de 1791-1841. Cette entreprise l’amène, au cours des deux décennies suivantes, à publier ses ouvrages d’histoire en six volumes sous le titre A History of the Late Province of Lower Canada. Les lecteurs acclament sa chronique non partisane, qui comprend à la fois des sources documentaires originales relatant le point de vue des Britanniques, mais aussi celui des Patriotes.

Robert Christie retourne à la politique en 1841 et, pendant les 13 années suivantes, mène des démarches législatives visant à conserver et à publier les documents historiques et les archives civiles, militaires et publiques de cette période. Les historiens, à la fois ceux de son temps et ceux de périodes plus récentes, le considèrent comme l’historien non officiel du Bas-Canada et tous les Canadiens lui doivent d’avoir réussi à assurer la conservation et la documentation de l’histoire de son époque.

Robert Christie a été désigné personne d’importance historique nationale en 1938 en reconnaissance du rôle de premier plan qu'il a joué dans la conservation du patrimoine documentaire et archivistique du Québec et de ses importants ouvrages d’histoire sur les administrations politiques du Québec de 1791 à 1841.

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