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Le porte-lumière

Semaine du lundi le 9 novembre 1998

Le 9 novembre 1835, George-Étienne Cartier, alors âgé de 21 ans, est admis au Barreau du Bas-Canada. À peine deux ans plus tard, le jeune avocat prometteur sera impliqué dans la rébellion de 1837 et forcé de fuir le pays! Qui aurait pensé que ce «rebelle» rentrerait au Canada pour devenir un de nos hommes politiques les plus en vue?

Sir George-Étienne Cartier

Sir George-Étienne Cartier
© Bibliothèque et Archives Canada / C-8007

Né à Saint-Antoine-sur-Richelieu, George-Étienne Cartier fait ses études à Montréal. À part une brève incursion dans le radicalisme, Cartier pratique assidûment le droit jusqu'en 1848. Cette année-là, il est élu député à l'Assemblée législative de la province du Canada, où il s'intéresse plus particulièrement au chemin de fer et au système judiciaire. Président du comité permanent des chemins de fer, de 1851 jusqu'à sa mort en 1873, Cartier sera le parrain du Grand Tronc qui desservira le centre du Canada, et de l'Intercolonial qui reliera Québec et Halifax. Pendant cinq ans, il se consacrera également à la réorganisation du code civil du Bas-Canada, dont la nouvelle version restera en vigueur pendant plus d'un siècle.

Canadien français et ardent nationaliste, Cartier épousera la cause du fédéralisme au Canada. Craignant l'expansion rapide des États-Unis, il plaidera sans relâche l'idée d'une fédération entre le Canada et les provinces maritimes. Pendant son mandat comme premier ministre de la province du Canada, il sera le premier à faire de la confédération une politique gouvernementale. Malgré sa volonté d'arriver à un accord, Cartier sera parmi les leaders canadiens-français qui insisteront pour que soit garantie la sauvegarde de la langue, de la religion et du système juridique québécois.

Lieu historique national du Canada de Sir-George-Étienne-Cartier

Lieu historique national du Canada
de Sir-George-Étienne-Cartier

© Parcs Canada

Son partenaire pour une bonne partie de ces activités est un avocat de Kingston, John A. Macdonald. En fait, les deux leaders travaillent si bien ensemble qu'on les surnomme les «frères siamois»! Quand le Canada devient une confédération en 1867, Macdonald est nommé premier ministre, mais Cartier conserve une influence considérable. Souvent appelé à remplacer son ami, Cartier organise le transfert au Canada des terres de la Compagnie de la Baie d'Hudson et négocie l'entrée du Manitoba et de la Colombie-Britannique au sein de la Confédération. Premier à occuper le poste de ministre de la Milice au Canada, Cartier sera également responsable du remplacement des troupes britanniques par des militaires canadiens.

Cartier était un homme aux talents multiples. S'il a composé et chanté «Ô Canada, mon pays, mes amours» à l'occasion d'un banquet à Montréal, il a également prononcé devant le Parlement un discours de 13 heures qui a mené à la démission d'un gouvernement! Bien qu'il ait été éclipsé dans sa vie publique par son «jumeau», sir Georges-Étienne Cartier avait un tel poids politique que certains de ses collègues le surnommaient «le porte-lumière». Sa demeure du Vieux-Montréal, au Québec, a été transformée en un lieu historique national ouvert au public et géré par Parcs Canada, en reconnaissance du rôle unique de cet homme dans le développement du Canada.

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