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Le journal du révérend Peter Jones

Cette histoire est parue à l'origine en 2002

Le 5 avril 1832, le roi Guillaume IV de Grande-Bretagne reçoit le révérend Peter Jones (Kahkewaquonaby) en audience particulière. Aussi à l'aise parmi les Mississaugas que les Européens, Jones est un homme d'influence qui jouit d'une grande popularité des deux côtés de l'Atlantique en raison de ses connaissances et de son zèle missionnaire.

Rev. Peter Jones
© Victoria University Library (Toronto)

Peter Jones, ou Kahkewaquonaby (« plumes sacrées ») naît en 1802 dans un wigwam, sur les hauteurs de Burlington, d'un père gallois et d'une mère ojibway. Il grandit dans la région de la rivière Credit, à l'ouest de l'actuelle ville de Toronto, où sa mère l'élève parmi les Mississaugas, qui regroupent plusieurs bandes de la nation ojibway. Les Mississaugas lui enseignent leur religion et leurs coutumes, ainsi que leurs techniques de chasse, de pêche et de canotage. Adulte, il part vivre non loin, à Stoney Creek, chez son père, qui lui enseigne l'agriculture et qui l'envoie à l'école où il apprend à parler, à lire et à écrire l'anglais.

Fermement décidé à réussir dans le monde colonial, Jones veut s'instruire et faire le commerce des fourrures. Toutefois, une rencontre avec des méthodistes vient modifier ses projets et, en 1823, il se convertit au christianisme. Il travaille dès lors à mettre sur pied une congrégation locale à la mission de la rivière Credit, enseignant à l'école du dimanche et construisant une chapelle. Il se voue au missionnariat et, en 1827, il est ordonné ministre méthodiste. Il devient le premier missionnaire autochtone chez les Ojibways.

Les Mississaugas sont alors inquiets : plus de la moitié de leur population et la presque totalité de leurs territoires de chasse et de pêche ont disparu en raison de l'arrivée des colons et de la diminution des ressources. Ils se tournent vers Jones, qui leur enseigne l'agriculture et d'autres pratiques européennes destinées à assurer leur survie. Leur droit d'occuper des terres à la rivière Credit étant contesté et le gouvernement envisageant de les déménager, ils font de Jones l'un des trois chefs de la bande de la rivière Credit. Celui-ci fait valoir les droits fonciers et les intérêts des Mississaugas auprès des élus du Haut-Canada et de la Grande-Bretagne. À Londres, il est reçu en audience par le roi, puis par la reine Victoria!

Vue de Credit River, Haut-Canada, 1796
© Bibliothèque et Archives Canada / Elizabeth P. Simcoe / C-13917

Jones prêche en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne, où il attire les foules. Il écrit beaucoup, notamment Life and Journals (1860), un registre de son œuvre missionnaire, et History of the Ojebway Indians (1861). Jones rédige le premier abécédaire en objibway et, en collaboration avec son frère, il réalise la première traduction de la bible dans cette langue.

Chef mississauga, ministre méthodiste, auteur et traducteur, Kahkewaquonaby (le révérend Peter Jones) a été désignée personne d'importance historique nationale en 1996.

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