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John Rae : un explorateur qui n'a pas froid aux yeux

Cette histoire est parue à l'origine en 2003

Le 31 mars 1854, John Rae, financé par la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH), part de la baie Repulse (Nunavut) pour faire un levé de la côte de l’Océan Arctique dans cette région. Quelques semaines plus tard, à la baie Pelly, Rae rencontre un Inuk qui lui fournit de précieux renseignements quant au sort de l’équipage de Franklin, un explorateur disparu que les autorités britanniques recherchent activement.

Explorations de John Rae 1846-1854
© Parcs Canada / Émilie Paquin

Né en 1813, John Rae passe son enfance dans les îles Orcades, en Écosse, où son père est représentant pour la CBH. Dans sa jeunesse, il profite de ses loisirs pour se familiariser avec la vie dans la nature, apprentissage qui lui sera très utile plus tard. À l'âge de 20 ans, Rae obtient son diplôme de chirurgien à Édimbourg et s’embarque sur le Prince of Wales, un navire de la CBH qui l’amène jusqu’à Moose Factory (Ontario). Pendant 10 ans, Rae y est chirurgien et commis du poste de traite. Raquetteur hors-pair, il sait se faire accepter par les Autochtones, qui lui apprennent leurs techniques de survie et de chasse.

En 1844, la CBH investit Rae de la mission de terminer l’arpentage du littoral nord du Canada, dont seulement quelques sections sont connues des Européens. De 1846 à 1854, au cours de quatre expéditions dans l’Arctique, il parcourt plus de 16 000 kilomètres, à pied ou à bord de petites embarcations, et note ses observations quant à la géologie, la faune et la flore arctiques. Lors de sa dernière expédition, des Inuits lui apprennent que des hommes blancs sont morts de faim quelques années auparavant. Les informations et les objets recueillis permettent à Rae de croire qu’il s’agit de l’équipage de sir John Franklin, et il réussit à localiser le lieu de la tragédie.

À son retour, John Rae informe les autorités de sa découverte. Son témoignage n’est pas bien reçu, surtout parce qu’il rapporte que les Inuits ont conclu, par leur étude des corps, que les derniers membres de l’équipage avaient dû se résoudre au cannibalisme pour tenter de survivre. La marine royale désapprouvait déjà que Rae voyage en Arctique à la manière des Autochtones, et cette affirmation concernant des officiers et des hommes de la marine ne fait qu’attiser la controverse. La crédibilité de Rae est mise en cause et on l’accuse d’être rentré trop vite en Angleterre pour toucher la récompense promise par le gouvernement à quiconque réussirait à établir le sort de Franklin. Par la suite, d’autres expéditions confirment toutefois les informations fournies par Rae.

John Rae montrant une carte et des objets ayant appartenu à Franklin, vers 1854 Byrne & Co.
© Bibliothèque et archives Canada / 147990

 

John Rae décède en 1893, à Londres. En raison de son apport important aux connaissances de l’Arctique, John Rae a été désigné personne d’importance historique nationale en 1973.

Pour en savoir davantage sur l’exploration de l’Arctique, voir les archives de Cette semaine en histoire: John Ross explore l'Arctique, « Il y avait des choses qui comptaient beaucoup plus pour nous que la distance », Perdus dans l'Arctique, Un explorateur cartographie des terres inconnues, Les richesses de l'Arctique : un beau rêve! et Bonne fête Henry!

Pour plus de renseignements sur la Compagnie de la Baie d’Hudson, voir : Le prince Rupert dirige une nouvelle société de traite des fourrures.

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