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Le Canada pleure une poète mohawk

Cette histoire est parue à l'origine en 1998

Le 7 mars 1913, les Canadiens et les membres de la communauté littéraire du monde entier pleurent une Canadienne célèbre et respectée. Poète d'origine mohawk, Emily Pauline Johnson avait effectué une tournée de conférences entre 1892 et 1910. Ses poèmes et ses récits ont contribué à mieux faire connaître aux Canadiens les Autochtones, la grandeur et la diversité du Canada, ainsi que son peuple.

Pauline Johnson

Pauline Johnson
© Bibliothèque et archives Canada / PA-111473

Emily Pauline Johnson naît en 1861 à Chiefswood, dans la réserve des Six-Nations, en Ontario. Fille cadette d'un chef mohawk et de son épouse non autochtone, elle porte le nom de son arrière-grand-père « Tekahionwake ». Son instruction se fait surtout à la maison et, bien qu'elle s'intéresse tout particulièrement aux classiques de la littérature anglaise, elle est exposée aux riches récits oraux et aux traditions du peuple mohawk. En 1873, âgée d'à peine 12 ans, elle se met à écrire de la poésie. Dans les années 1890, elle commence à publier ses poèmes, essais et nouvelles. Pauline Johnson écrit sur la religion, la nature et le nationalisme canadien, mais ses oeuvres les plus connues sont inspirées de thèmes « indiens », comme « The Song My Paddle Sings ».

Chiefswood

Chiefswood
© Parcs Canada / James DeJonge

En 1892, Pauline Johnson fait au Canada une tournée de récitals et présente récits et poèmes. Elle devient une célébrité et l'une des rares écrivaines à gagner sa vie grâce à ses œuvres et à ses représentations au tournant du siècle. Lors de ses spectacles, elle s'habille en « princesse indienne » et partage sa connaissance du Canada et du patrimoine autochtone avec son auditoire. En 1909, elle se retire à Vancouver où elle espère mener une vie plus calme qui lui permettra de se remettre sérieusement à l'écriture. Malheureusement, on lui découvre bientôt une tumeur cancéreuse au sein. Combattant les effets de la maladie et de la morphine, elle produit néanmoins de nouvelles oeuvres, dont les célèbres « Légendes de Vancouver ». Elle meurt en 1913 à l'âge de 52 ans.

En raison de sa contribution exceptionnelle à la littérature et au monde du spectacle au Canada, Pauline Johnson a été désignée personne d'importance historique nationale en 1945 et une plaque a été érigée en son honneur à Chiefswood, où elle est née et a grandi. Chiefswood a également été désigné un lieu d'importance historique nationale.

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