Cette semaine en histoire

Archives

L'athlète féminine de la première moitié du XXe siècle

Cette histoire est parue à l'origine en 2000

L'une des athlètes les plus douées que le Canada ait connue, Fanny « Bobbie » Rosenfeld naît le 28 décembre 1903.

Ethel Smith et Fanny Rosenfeld dans le<br>100 verges sprint<br>aux Jeux olympiques de 1928

Ethel Smith et Fanny Rosenfeld dans le
100 verges sprint aux Jeux olympiques de 1928

© Bibliothèque et Archives Canada / PA-151007

Originaire de Russie, Bobbie grandit en pratiquant divers sports en compagnie des gamins du voisinage à Barrie (Ontario). Elle se distingue d'abord lors des rencontres d'athlétisme locales. À l'une des premières compétitions auxquelles elle participe, elle parvient à battre la détentrice du record canadien du 100 verges sprint! Au championnat féminin d'athlétisme de l'Ontario en 1925, elle se classe première ou deuxième dans cinq épreuves différentes, accumulant suffisamment de points pour obtenir à elle seule une médaille d'équipe.

C'est en 1928 que les femmes sont autorisées à participer aux Jeux olympiques pour la première fois. Défiant les conventions qui s'opposent à la performance des femmes en public, et selon lesquelles les sports les rendront masculines, Rosenfeld se présente aux Jeux dans une tenue inspirée des vêtements d'athlétisme masculins. Elle prend part à plusieurs épreuves, dont le 100 verges sprint, la course à relais et le saut en longueur. La seule épreuve pour laquelle elle n'obtient pas de médaille est le 800 verges, mais c'est parce qu'elle refuse de dépasser une coéquipière considérée comme le meilleur espoir du Canada, sans compter qu'elle ne s'était jamais entraînée pour la course de fond! Bobbie et ses coéquipières remportent la médaille d'équipe en athlétisme. Ironiquement, la délégation canadienne est l'une de celles qui s'était le plus opposée à la participation des femmes aux Olympiques.

 

Malheureusement, Bobbie est souvent affligée de problèmes de santé. L'année après les Olympiques, elle passe huit mois à l'hôpital, victime d'une crise d'arthrite. Elle devra ensuite marcher un an avec des béquilles. Une fois remise, elle revient à l'athlétisme, jouant au base-ball l'été et au hockey, son sport favori, l'hiver. Plus tard, après s'être retirée de la compétition, à cause de son arthrite, elle pratiquera quelque temps le métier d'entraîneur avant de se tailler une place enviable comme journaliste sportive.

Fanny « Bobbie » Rosenfeld, nommée athlète canadienne féminine de la première moitié du 20e siècle, meurt le 14 novembre 1969. Elle est la seule femme admise au Temple de la renommée des sports au Canada en tant qu'athlète « complète ». Le gouvernement fédéral a reconnu en elle une personne d'importance historique nationale. Une plaque posée à Barrie (Ontario) est consacrée à sa mémoire.

Date de modification :