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Semaine du lundi le 11 octobre 2004

Le Traité de réciprocité conclu par l'Amérique du Nord britannique et les États-Unis entre en vigueur le 15 octobre 1854. Il vise à instaurer la stabilité économique par le libre-échange de produits naturels de part et d'autre de la frontière.

Lord Elgin (photographie d'une lithographie par Theophile Hamel, v.1850)
© Archives de l'Ontario, S 158

La décision de la Grande-Bretagne d'abroger les Corn Laws et les Navigation Acts dans les années 1840 avait eu des répercussions néfastes sur l'économie de l'Amérique du Nord britannique. De l'avis public, la conclusion d'un traité économique avec les États-Unis pourrait corriger la situation. Le gouverneur général, Lord Elgin, avait vainement tenté auparavant de convaincre les États-Unis de signer un tel traité. Les relations entre les États-Unis et la Grande-Bretagne étaient tendues parce que les pêcheurs américains ne respectaient pas les limites de la zone de pêche de l'Amérique du Nord britannique.

Le gouvernement britannique nomme Lord Elgin pour représenter le gouvernement canadien dans les négociations avec les États-Unis. Lord Elgin accepte d'autoriser les États-Unis à pêcher dans les eaux qui s'étendent depuis Terre-Neuve jusqu’au 36e parallèle, sauf les rivières. Il propose également aux États-Unis la réciprocité des échanges avec l'Amérique du Nord britannique de certains produits naturels comme le blé, les légumes, le bois et les animaux de ferme. Le plan de Lord Elgin porte fruit et le 6 juin 1854, les États-Unis concluent le Traité de réciprocité avec l'Amérique du Nord britannique.

Canadian fishermen on the lookout for American intruders, gravure par Robert Harris, v.1888
© Les archives publiques et bureau de dossiers de l'île-du-Prince-Édouard, Acc.# 4045/6

Le Traité de réciprocité permet aux agents de transports d'utiliser la voie la plus économique pour exporter les marchandises et favorise de nouveaux échanges commerciaux entre les deux pays. Les années d'application du traité s'avèrent très prospères. Toutefois, ce traité n'est pas le seul facteur qui contribuait à stimuler l'économie. L'expansion spectaculaire des chemins de fer se révéle très lucrative des deux côtés de la frontière. La demande de denrées provenant de l'Amérique du Nord pendant la guerre de Crimée (1854-1856) favorise également l'économie nord-américaine.

Le sentiment antibritannique accentué par la Guerre de sécession contribue fortement à l'abolition du traité par les États-Unis en 1866. Les Américains espérent aussi que les conséquences économiques de l'abolition du Traité incitent l'Amérique du Nord britannique à se joindre aux États-Unis. La nécessité de trouver de nouveaux marchés pour les marchandises canadiennes engendre plutôt une ferveur nationaliste, ce qui contribue à la création de la Confédération en 1867.

James Bruce (8e comte d'Elgin), qui a obtenu la ratification du Traité de réciprocité en 1854, a été désigné personne d'importance historique nationale en 1953.

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