Cette semaine en histoire

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Un homme pour l’éternité

Semaine du lundi le 15 novembre 2004

Le 16 novembre 1858, sir Matthew Baillie Begbie arrive à Victoria, en Colombie-Britannique, en qualité de juge dans la nouvelle administration. Tout comme James Douglas, gouverneur de l'île de Vancouver, sir Begbie veille au maintien d'une certaine forme de régime colonial dans la population grandissante.

Sir Matthew Baillie Begbie
© Archives C-B / A-08953 www.bcarchives.gov.bc.ca

Begbie obtient un baccalauréat de l'Université de Cambridge et fait des études de droit. Au fil des ans, les chercheurs se sont interrogés sur la réussite ou non de la carrière de droit de sir Begbie à Londres. Il est néanmoins nommé juge en Colombie-Britannique. Sir Begbie est également nommé membre du conseil exécutif de la Colombie-Britannique en 1859. Il contribue à la formulation des lois coloniales sur l'immigration, le commerce et la colonisation en Colombie-Britannique.

Begbie impose l'ordre public britannique dans une colonie composée de collectivités minières éloignées. Même si le territoire est accidenté et les voyages longs, Begbie réussit à aller entendre des causes dans les régions les plus isolées. Il vit dans une tente et se nourrit de ce que la terre lui procure. Même si son mode de vie en plein air est dénué de formalité, il insiste pour qu'au tribunal les délibérations se déroulent formellement. Il porte sa robe de magistrat, même lorsqu'il entend les causes en plein air. Il est connu comme partisan des Premières Nations et il entend souvent des causes en langues autochtones, sans l'aide d'un interprète.

En 1871, Begbie est nommé juge en chef de la province de la Colombie-Britannique. Il crée un système judiciaire et resserre les lois qui ont trait aux aspects sociaux et commerciaux de la province en expansion. Il s'intéresse surtout à la réforme du droit. Il demande instamment aux gouvernements provincial et fédéral d'adapter l'appareil judiciaire pour suivre l'évolution de l'époque.

Sa réputation exemplaire est confirmée en 1875 lorsque la reine Victoria le fait chevalier lors d'un séjour en Grande-Bretagne. Begbie ne fait toutefois pas l'unanimité. Il est souvent l'objet de critiques parce qu'il croit au principe de l'égalité de tous les hommes, ce qui va à l'encontre des opinions prépondérantes à l'époque. Sa loyauté extrême envers la Couronne britannique, plutôt qu'envers le gouvernement provincial, cause également des frictions avec ses collègues. La Cour suprême du Canada a même infirmé ses décisions dans deux causes importantes.

En plus de sa célébrité comme juge, Begbie joue un rôle actif dans la société : il chante en public dans des opéras italiens et il est l'un des premiers à introduire le jeu de tennis moderne dans l'Ouest canadien. Il est mort du cancer en 1894.

Sir Matthew Baillie Begbie a été désigné personne d'importance historique nationale en 1959.

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