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Sous terre pour survivre

Semaine du lundi le 19 octobre 1998

Le 22 octobre 1962, le monde retenait son souffle sous la menace d'une guerre nucléaire. L'Union soviétique avait installé des missiles à charge nucléaire à Cuba, et les États-Unis lui avaient demandé de les enlever. Le 28 octobre, l'Union soviétique convint publiquement de retirer ses missiles tandis que les États-Unis acceptaient secrètement de faire de même près de la frontière russe en Turquie. La vie revint graduellement à la normale.

Le centre d'alerte fédéral - Diefenbunker

Le centre d'alerte fédéral - Diefenbunker
© Diefenbunker Cold War Museum

La crainte d'attaques contre des villes nord-américaines existait bel et bien longtemps avant la crise des missiles à Cuba. En 1958, le premier ministre John Diefenbaker a élaboré des plans pour que le gouvernement poursuive son travail en cas d'attaque nucléaire contre Ottawa. L'élément principal consistait à aménager sous terre le siège central d'un gouvernement d'urgence à Carp, à 25 kilomètres à l'ouest d'Ottawa, pour y abriter le premier ministre, le gouverneur général, le cabinet, ainsi que du personnel clé, tant civil que militaire. Les réserves d'or de la Banque du Canada auraient pu aussi y être mises en sécurité dans une énorme chambre forte. Le complexe souterrain fut bâti entre 1959 et 1961, et les Canadiens le baptisèrent sans tarder le « Diefenbunker ».

La structure souterraine de quatre étages a été conçue pour résister aux effets d'une explosion nucléaire à proximité. On y pénètre par un long tunnel, ouvert aux deux extrémités pour laisser passer le souffle de l'explosion. La véritable entrée donne sur ce tunnel avec lequel elle forme un angle de 90 degrés. Une couche de gravier de cinq pieds (1,5 m) d'épaisseur entoure le bunker, ce qui lui permet d'absorber le choc d'une explosion et de se déplacer de quatre pieds (1,2 m) en tous sens sans subir de dommages importants! Les génératrices et autres équipements mécaniques sont montés sur des ressorts de sorte qu'en cas d'explosion, ils se déplacent avec le bâtiment.

Le champignon atomique

Le champignon atomique
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-115124

Les deux pièces les plus importantes du bunker étaient le centre d'alerte fédéral et la station radio de la SRC. Le centre d'alerte devait recevoir de l'information des survivants à l'extérieur du bunker, information qui aurait ensuite été radiodiffusée à la population canadienne par la station de la SRC. Les civils, à l'écoute de leurs radios-transistors dans leurs abris antiatomiques aménagés dans leur sous-sol, auraient pu ainsi savoir quand les niveaux de radioactivité auraient baissé suffisamment pour leur permettre de quitter leurs abris en toute sécurité.

Le Diefenbunker n'a jamais abrité de personnel gouvernemental dans ses 33 années d'existence comme centre de communications important des forces armées canadiennes, même pas pendant la crise des missiles à Cuba. La guerre froide ayant connu un terme à la fin des années 1980, la crainte d'une attaque nucléaire s'est estompée et, en 1994, le Diefenbunker a été mis hors de service. La même année, il a été désigné lieu historique national à titre de vestige le plus important de la guerre froide au Canada. Aujourd'hui, le public peut y faire des visites guidées.

Pour plus d'information, voir la page Web du Diefenbunker .

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