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Quand tombe la nuit...

Semaine du lundi le 23 août 2004

Le 24 août 1896, les mineurs de Wabana débrayent pour la première fois. Situées sur l’île Bell, au large des côtes de St. John’s (Terre-Neuve), les mines Wabana sont considérées, au tournant du 20e siècle, comme l’un des plus vastes gisements d’hématite rouge - un minerai de fer - du monde et jouent un rôle essentiel dans l’économie locale.

Un mineur remplit une berline de minerai
© Musée de Bell Island

Contrairement à Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse possède une solide industrie du fer et de l’acier, ce qui amène les entreprises minières néo-écossaises à s’intéresser à l’île Bell. Ces entreprises prennent conscience de la valeur du minerai de fer de Wabana dès le début des années 1890. Peu après, la Nova Scotia Steel and Coal Company baptise les mines « Wabana », mot d’origine autochtone (probablement abénaquise) qui signifierait « là où point le jour ».

Les mines Wabana sont les plus grandes mines sous-marines de fer au monde. En 1951, les tunnels percés sous la mer courent sur trois milles. Les conditions de travail des mineurs de Wabana sont à la fois pénibles et dangereuses. Jusqu’en 1943, la plupart d’entre eux passent 10 heures par jour sous terre, six jours sur sept. Pour s’éclairer, ils utilisent d’abord des bougies, puis des lampes à carbure (1911) et enfin des torches électriques fixées à leurs casques (1935). Pendant leur quart de travail, les chargeurs doivent remplir au moins 10 wagonnets d’une capacité de 1,8 tonne. Des chevaux logés dans des écuries souterraines remontent les wagonnets à la surface. Au fil des ans, la modernisation de la machinerie rend le travail moins ardu.

Une berline de minerai des mines Wabana est présenté à Portugal Cove (Terre-Neuve) pour attirer l'attention des visiteurs à la mine numéro 2.
© Musée de Bell Island

Les mines Wabana connaissent leur apogée juste avant la Première Guerre mondiale. Malheureusement, les entreprises néo-écossaises propriétaires des mines connaissent des difficultés financières pendant la guerre, car elles tiraient auparavant une bonne part de leurs profits de leur commerce avec l’Allemagne. La crise de 1929 crée d’autres problèmes pour les mines Wabana, dont les profits connaissent cependant une hausse fulgurante au début de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années qui suivent la fin de cette guerre, l’économie de l’île Bell est florissante. Cette situation est toutefois de courte durée. L’arrivée du chemin de fer au Labrador marque le début du déclin des mines Wabana. De plus, devant la concurrence que leur livrent certains pays d’Amérique du Sud et d’Afrique occidentale, les mines Wabana voient leurs profits diminuer et ferment en 1966.

En dépit de la fermeture des mines Wabana, la mine numéro 2 a été désignée un lieu historique. Elle fait maintenant partie d’un musée qui attire des touristes du monde entier. Les Mines-Wabana ont été reconnues comme événement d’importance historique nationale en 1988 pour leur rôle comme source importante de minerai de fer entre 1895 et 1966.

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