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Springhill en grève

Semaine du lundi le 24 mai 2004

Le 27 mai 1911, les mineurs de charbon de Springhill (Nouvelle-Écosse) mettent fin à une longue et pénible grève qui aura duré 22 mois. Ce n’est là qu’un des chapitres de l’histoire de l’industrie minière de Springhill, une industrie qui a apporté à la fois la prospérité et des tourments aux habitants de cette ville historique.

Les houillères de Springhill (Nouvelle-Écosse)
© Collections historiques du Musée de Nouvelle-Écosse
L’exploitation minière à grande échelle débute en 1872, date à laquelle la Springhill and Parrasboro Coal and Railway Company commence à forer des puits de mines et à construire une voie ferrée. Le succès de l’industrie minière assure la prospérité de la ville. Le charbon est roi et des gens de partout au Canada affluent vers la Nouvelle-Écosse pour en profiter. Cependant, quand survient un premier désastre minier, un voile de tristesse s’abat sur Springhill. En 1891, une explosion se produit dans une mine, tuant 125 hommes et garçons.

Après le désastre, les hommes retournent dans les mines mais n’ont guère l’esprit tranquille. Le travail se poursuit toutefois sans incident jusqu’en 1909, alors que débute la plus importante grève de mineurs qu'ait connue la ville. Les grévistes protestent contre les conditions de travail inhumaines et exigent la reconnaissance d’un nouveau syndicat de mineurs pour rentrer au travail. Obligés de travailler de longues heures dans des conditions dangereuses en échange d'un salaire de misère, ils se sentent opprimés. Après un long conflit avec la Cumberland Railway and Coal Company Limited, ils mettent fin à la grève quand la Dominion Steel Corporation fait l’acquisition des mines.

La terreur se lit sur les visages des mineurs Bill Miller (à gauche) et Don Ferguson, rescapés de la terrible explosion d'octobre 1958.
© Bibliothèque et Archives Canada / AP-177106
La fin de la grève de 1911 marque le début d’une période d’essor pour Springhill, qui n’est toutefois pas au bout de ses peines. Malgré quelques petites grèves, il n’y a pas d’arrêt de travail majeur jusqu’à ce que deux explosions et un incendie, survenant en moins de deux ans, ne secouent la ville. En 1956, 39 mineurs perdent la vie dans une explosion. L’année suivante, un incendie ravage la ville, détruisant maisons, magasins et immeubles municipaux; la petite collectivité est anéantie. La population de la ville décline et le chômage croît avec la fermeture de toutes les mines, sauf une.

En 1958, un effondrement dans la dernière mine sème l’effroi dans la ville. 75 hommes perdent la vie dans ce désastre qui entraîne la fermeture de la mine. Quelque 85 ans après ses débuts, la principale industrie de la ville disparaît. L’exploitation houillère reprend quelques années plus tard, mais la ville diversifie peu à peu son activité industrielle et compte désormais moins sur l’industrie minière. Étant l’un des principaux bassins charbonniers exploitables du Canada, la Mine-de-Charbon-de-Springhill a été désignée lieu historique national.

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