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Un passionné de géologie

Semaine du lundi le 12 avril 2004

Le 14 avril 1842, William Logan devient le premier directeur de la Commission géologique du Canada. La Commission voit le jour à une époque où la géologie suscite beaucoup d'intérêt et où surgissent de nouvelles idées quant aux origines et à l’âge de la Terre. Toutefois, son objectif premier est de découvrir quelles régions de la province du Canada (aujourd’hui le sud de l’Ontario et du Québec) sont susceptibles de renfermer des minéraux précieux.

Sir William Logan
Sir William Logan
© BAC / C-7606
Né à Montréal en 1798, Logan étudie en Écosse. Dans les années 1830, il devient le premier géologue autodidacte chevronné tout en dirigeant une houillère et une fonderie de cuivre au pays de Galles. À titre de premier directeur de la Commission géologique, c'est avec enthousiasme qu'il passe à la cartographie géologique canadienne. Il commence par faire un levé détaillé de la péninsule de la Gaspésie. Au cours des 20 années suivantes, avec un maigre budget et l’aide de quelques adjoints seulement, il parcourt tout le Canada, traçant des cartes précises et recensant les ressources géologiques et minières de la région. En 1851, à l’occasion de la grande exposition au Crystal Palace de Londres, il réunit la première collection importante d’échantillons de minéraux canadiens. En 1863, il publie un résumé des travaux de la Commission géologique, Geology of Canada, ouvrage de 983 pages.

Dessin
Dessin de la tente de sir William Logan, prise du journal de sir Logan, 1843.
© Gracieuseté de la Commission géologique du Canada
Logan reçoit le titre de chevalier en 1856. Premier scientifique canadien de renommée internationale, il est reçu en audience par la reine Victoria et l’empereur Napoléon III, et il reçoit au Canada tous les honneurs accordés à une vedette. Cependant, c’est quand il se trouve dans les fourrés du Canada, portant de vieux vêtements de travail et en compagnie de ses outils – marteau, compas et théodolite – qu’il est le plus heureux. « J’ai parfois l’impression de ressembler à un épouvantail. Avec mes cheveux collés par la résine d’épinette, une barbe de trois mois… des lunettes aux verres brisés... et un gilet taché par l’acide sulfurique qui s’est écoulé d’un petit flacon que je porte dans ma poche gauche pour vérifier la présence de calcaire dans la roche. » Célibataire, il passe de longues heures à travailler et dort même dans son bureau à la Commission, où ses bottes de travail usées sont alignées contre le mur. La conscience professionnelle et la précision de Logan ont inspiré non seulement son personnel, mais aussi les générations futures de géologues.

L’héritage de Logan, la Commission géologique du Canada, est encore bien présent aujourd’hui. Une plaque à Percé (Québec) reconnaît l’importance historique nationale de Sir William Logan. La plus haute montagne du Canada, le mont Logan, a été nommée en son honneur.

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