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La maison Bélanger-Girardin

Semaine du lundi le 19 janvier 2004

Le 24 janvier 1673, Nicolas Bélanger obtient une concession au bourg du Fargy, dans la seigneurie de Beauport, une des premières seigneuries de la Nouvelle-France. Sur cette terre, il se construit très tôt une petite maison de bois qui connaîtra maintes tranformations au cours du 18e siècle. Cette maison est un très bel exemple d’architecture traditionnelle d’inspiration française.

Détail de la Carte du gouvernement de Québec dessinée en 1709 par l'ingénieur Gédéon de Catalogne. Cette section montre comment s'est effectué le découpage des terres en Nouvelle-France sur les seigneuries situées sur la côte, entre Québec, Beaupré et la pointe de l'île d'Orléans.
© Musée virtuel de la Nouvelle-France, Musée canadien des civilisations, www.civilisations.ca

Dès 1627, la France institue le régime seigneurial dans sa colonie d'Amérique du Nord, en vue de la peupler. Pour ce faire, l’État octroie des terres à des nobles, à des religieux, à des officiers et à des administrateurs civils, qui deviennent des seigneurs. Robert Giffard compte parmi eux. Il arrive en Nouvelle-France avec une centaine de colons, dont Nicolas Bélanger, et fonde la seigneurie de Beauport en 1646. Grâce au travail ardu de Giffard et de ses habitants, le bourg du Fargy devient l’un des trois villages permanents de la vallée du Saint-Laurent.

Selon les principes du régime seigneurial, le seigneur doit mettre sa terre en valeur. Comme il ne peut tout faire seul, il concède des lopins de terres longs et étroits, en bordure d'un cours d'eau, afin que les colons (appelés censitaires) puissent les développer. Ces derniers doivent cependant respecter certaines conditions sous peine de perdre leur terre. Ils doivent bâtir une maison, l’habiter et continuer le défrichement. Dès 1673, Bélanger, qui est originaire de Normandie, se construit un premier logis en pièce sur pièce. Comme il est courant à l’époque, cette résidence est cédée de père en fils jusqu’en 1722; par la suite, différents propriétaires y apportent de nombreuses transformations. Vers 1727 et 1735, la maison est agrandie par deux ajouts de pierre et le logis d’origine disparaît.

La maison Bélanger-Girardin
© Parcs Canada / HRS 950-18

En 1884, Ignace Girardin y ajoute des lucarnes et effectue quelques changements, puis la lègue à son neveu. La propriété passe ensuite entre les mains des Sœurs de la congrégation Notre-Dame de Montréal, en 1925. Finalement, la ville de Beauport l’acquiert et la restaure en 1983-1984. Telle qu’on la voit aujourd’hui, cette maison de pierre est représentative des habitations bâties par les colons d’origine française au 18e siècle : elle se caractérise par ses petites dimensions, d'épais murs en pierre, des ouvertures peu nombreuses et une toiture à l’angle très prononcé.

Cette petite habitation constitue un bel exemple du type de propriété construite sous le Régime français dans l’ancienne seigneurie de Beauport. La maison Bélanger-Girardin a donc été désignée à titre de lieu historique national du Canada en 1982.

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