Cette semaine en histoire

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Une sainte avant-gardiste

Semaine du lundi le 27 octobre 2003

Le 31 octobre 1982, le pape Jean-Paul II procède à la canonisation de Marguerite Bourgeoys, faisant ainsi d’elle la première sainte du Canada. Cette religieuse est une figure mystique importante du Canada puisqu’elle fut à l’origine de grandes réalisations qui contribuèrent au développement de la Nouvelle-France.

Marguerite Bourgeoys à la première école de Ville-Marie
Elmina Lachance, C.N.D. (S.S. René)                
© Musée Marguerite-Bourgeoys

Née le 17 avril 1620 à Troyes, en France, Marguerite est issue d’une famille bourgeoise catholique. À 20 ans, la jeune fille répond à l’appel du Seigneur et entre dans la congrégation d’enseignantes de Notre-Dame de Troyes où elle choisit d’œuvrer dans la communauté externe plutôt que cloîtrée, croyant ainsi être plus utile à la société. Son profond désir d’aider ses semblables est réellement comblé en 1652, alors qu’elle entreprend de suivre en Nouvelle-France Paul de Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de Ville-Marie, aujourd’hui Montréal.

À son arrivée à Ville-Marie en septembre 1653, l’éducation des enfants devient sa principale préoccupation. Toutefois, il n’y a aucun enfant d’âge scolaire dans la région à cause de la forte mortalité infantile. Sœur Marguerite vaque donc à d’autres occupations, supervisant entre autres la construction de la première église en pierre de Montréal. En 1658, Marguerite Bourgeoys accueille finalement ses premiers écoliers dans une vieille étable. Le petit bâtiment est cependant vite rempli et pour répondre à la demande croissante, sœur Marguerite va recruter d’autres religieuses en France.

En 1669, Soeur Marguerite fonde la première communauté non cloîtrée du 17e siècle, soit la congrégation de Notre-Dame. Désormais mère supérieure, Marguerite Bourgeoys préconise, avec ses compagnes, des principes d’enseignement novateurs. Ces religieuses ont à leur actif de nombreuses réalisations dans le domaine de l’enseignement, dont un établissement destiné aux Filles du roi, un pensionnat, une école ménagère et d’autres petites écoles. Marguerite Bourgeoys accorde cependant une attention particulière aux filles pauvres de même qu’aux jeunes Amérindiennes.

Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours
Photographie : Tango.                                         © Musée Marguerite-Bourgeoys

Malheureusement, Mgr St-Vallier remet en question l’existence même de la congrégation, ce qui force Marguerite et les autres religieuses à lutter pour assurer la survie de leur congrégation. Néanmoins, le 1er juillet 1698, cinq ans après la démission de Marguerite comme mère supérieure, elles parviennent à prononcer leurs vœux simples, permettant ainsi à la congrégation Notre-Dame d’être canoniquement érigée en communauté.

Marguerite Bourgeoys décède le 12 janvier 1700, après, dit-on, avoir offert sa vie en échange de la guérison d’une jeune sœur de sa congrégation. Son œuvre, toutefois, ne s’éteint pas avec elle, offrant aujourd’hui ses services dans non moins de quatre pays. Soeur Marguerite a été béatifiée 250 ans après sa mort, puis finalement canonisée. Sainte, elle l’était déjà aux yeux des Canadiens depuis le moment même de son décès. Pour avoir ainsi influencé la vie religieuse et sociale de la colonie, Marguerite Bourgeoys a été désignée personne d’importance historique nationale.

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