Cette semaine en histoire

Archives

Mackenzie : un homme qui incarne le changement

Semaine du lundi le 25 août 2003

William Lyon Mackenzie meurt à Toronto le 28 août 1861. Cet homme au franc-parler est au cours de sa vie marchand, journaliste et politicien. Cependant, c’est principalement l’image du grand réformiste politique que nous conservons en mémoire.

William Lyon Mackenzie, 1931
© Bibliothèque et Archives Canada / C-011095
Né en Écosse le 12 mars 1795, Mackenzie quitte son pays pour le Canada en 1820. Après avoir travaillé quelque temps à Montréal à la construction du canal Lachine et comme journaliste au Montreal Herald, il s'établit finalement à York (aujourd’hui Toronto), où il devient marchand, puis à nouveau journaliste. En 1822, il épouse Isabel Baxter avec qui il aura 13 enfants.

Dès son arrivée au Canada, Mackenzie manifeste un goût pour le changement. En 1824, il crée le Colonial Advocate, un journal dans lequel il exprime clairement ses opinions politiques, et en 1828, il est élu député de York. Dès lors, il ne cesse de réclamer des réformes radicales touchant entre autres le système électoral du Haut-Canada de même que les domaines de l’agriculture et du commerce. Ses attaques répétées contre le Parti tory entraînent à plusieurs reprises son expulsion de l’Assemblée, mais il parvient toujours à se faire réélire. Lorsque Toronto est créée en 1834, Mackenzie occupe le poste le plus prestigieux de sa carrière, soit celui de premier maire de cette municipalité. Il subit toutefois une défaite lors des élections municipales de 1835, mais il peut néanmoins se consoler grâce à la victoire remportée au niveau provincial quelques mois auparavant.

Proclamation de William Lyon Mackenzie, 13 décembre 1837
Proclamation de William Lyon Mackenzie, 13 décembre 1837
© Archives publiques de l'Ontario / F37 #6
Même si au départ, Mackenzie légitimait les liens entre le Canada et la Grande-Bretagne tout en vouant une certaine admiration aux institutions américaines, il change rapidement d’opinion pour n’appuyer que le système américain qu’il considère moins corrompu et plus démocratique. Déçu par l’administration de son pays, Mackenzie rédige même une déclaration d’indépendance et prend la tête des rébellions de 1837 dans le Haut-Canada. Cependant, manquant d’effectifs et mal organisés, les rebelles sont rapidement maîtrisés, ce qui force Mackenzie à s’enfuir aux États-Unis. Avec l’appui de sympathisants américains, il tente une nouvelle incursion au Canada, mais en vain. Les années qui suivent sont plutôt difficiles pour Mackenzie qui doit affronter de nombreux problèmes personnels, dont d’importantes difficultés financières. Il est finalement gracié en 1849 et revient définitivement au Canada en 1850. Il effectue alors un retour en politique, mais ses discours n’ont plus l’impact d’autrefois.

Jusqu’à sa mort, William Lyon Mackenzie prône d’ambitieuses réformes dont l’influence sera encore palpable des années plus tard. Cet homme politique a été désigné personnage d'importance historique nationale du Canada en 1949.

Date de modification :