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Le « Wall Street » de Saint John

Semaine du lundi le 16 juin 2003

L'après-midi du 20 juin 1877, un incendie éclate à York Point, dans la ville de Saint John, au Nouveau-Brunswick. Les feux sont fréquents dans cette ville depuis le premier survenu en 1784, mais ce jour-là, surnommé depuis le « mercredi noir », il s'agissait du pire de tous. Heureusement, il s'agit du dernier gros incendie de la ville. Même si d'autres villes canadiennes, comme Montréal et Halifax, ont connu des feux importants au 19e siècle, Saint John a été particulièrement frappé par cet incendie.

Une lithographie illustrant l'apogée du Grand Feu

Une lithographie illustrant l'apogée du Grand Feu
© E.J. Russell / Bibliothèque et Archives Canada / C 41022

Le Grand Feu de Saint John éclate lorsque des étincelles provenant d'une scierie s'abattent sur le foin voisin qui servait à nourrir les chevaux. Un fort vent du nord-ouest attise les flammes, les poussant vers les bâtiments en bois de la ville qui étaient collés les uns aux autres. Le feu ravage Saint John pendant neuf heures, causant neuf morts, laissant 13 000 personnes à la rue, et détruisant 290 acres de terre, y compris plus de 1 600 bâtiments. Presque tout le quartier sud de la ville est détruit.

Aujourd'hui, les édifices de la rue Prince William sont un parfait exemple de l'architecture victorienne.

Aujourd'hui, les édifices de la rue
Prince William sont un parfait exemple
de l'architecture victorienne.

© Parcs Canada /J. Butterill / 1995

Saint John commence immédiatement la reconstruction, érigeant des nouvelles structures conformément au nouveau code de bâtiment, élaboré après le feu. Le code limite sévèrement la construction en bois et encourage l'utilisation de briques et de pierres résistantes au feu. La rue Prince William se mérite la part du lion avec 44 nouveaux immeubles complétés moins d'un an après le feu. Plus d'argent y est dépensé que n'importe où à Saint John. La plupart des nouvelles constructions de cette rue sont du style éclectique de la période victorienne. En quelques années, divers commerces et banques, le bureau de poste, l'hôtel de ville et le bureau de douane sont construits. Cette vague de reconstruction donne à la rue une grande uniformité, ce qui constitue un exploit architectural exceptionnel. En utilisant différents modèles, couleurs et textures de briques et de pierres sur les façades principales, les architectes prêtent à chaque immeuble un caractère unique sans perturber l'harmonie du paysage de la rue. En raison de ces nouveaux immeubles principalement de nature commerciale et financière, la rue Prince William se mérite le titre de « Wall Street de Saint John ».

Le paysage urbain de la rue Prince William a été désigné un lieu historique national en 1981: il s'agissait alors de la première rue à mériter cet honneur. Son architecture principalement victorienne, une caractéristique rare, ainsi que son importance pour la ville de Saint John et le Canada atlantique lui ont valu cette désignation.

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