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Le premier bataillon noir du Canada

Semaine du lundi le 30 juin 2003

Le 5 juillet 1916 marque la création du 2e Bataillon de la construction à Pictou (Nouvelle-Écosse). À la suite de fortes pressions exercées pour recruter un plus grand nombre d’hommes durant la Première Guerre mondiale, cette unité militaire devient le premier bataillon noir de l’histoire du Canada.

Révérend William White

Révérend William White
© Anciens Combattants Canada

Après la conquête de la Nouvelle-France en 1763, les Noirs ont, en maintes occasions, fait preuve de patriotisme envers la couronne britannique. Lors de la révolution américaine de 1775 à 1789, de nombreux Noirs répondent à l’appel de la Grande-Bretagne qui les incite à échapper au joug de l’esclavage et à joindre les Britanniques. Durant la guerre américano-britannique en 1812, ils défendent le Haut-Canada contre les attaques américaines. Ils participent également à la maîtrise de la rébellion du Haut-Canada, de 1837 à 1839, et à la guerre des Boers, de 1899 à 1902. Malgré ces actes de bravoure, l’esclavage n’est aboli qu’en 1834 en Amérique du Nord britannique, et ne signifie malheureusement pas que les Noirs sont sur un pied d’égalité avec les Blancs. La population canadienne a encore beaucoup de préjugés raciaux. Les Noirs sont souvent victimes de discrimination, voire même de violence.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, les forces armées canadiennes refusent d’enrôler les Noirs, affirmant qu’ils sont inférieurs et incapables d’aller au combat. La grande détermination des Noirs à se faire accepter et leur sentiment de responsabilité envers leur pays en temps de guerre les poussent à exercer d’intenses pressions sur le gouvernement, notamment en organisant des protestations. En mai 1916, le premier ministre sir Robert Borden approuve la formation du 2e Bataillon de la construction. Cette unité ségrégée est cependant victime de rejet au début du conflit, ce qui cause une diminution du nombre de volontaires. Malgré tout, l’armée canadienne réussit à recruter 603 personnes, originaires surtout de la Nouvelle-Écosse et du sud de l’Ontario. Dans ce bataillon, tous les officiers sont blancs à l’exception du révérend William A. White, qui devient le premier officier noir de l’armée canadienne.

Pictou, N.-É., 1916 : La Musique du 2e Bataillon de la construction (C.E.C.).

Pictou, N.-É., 1916 : la Musique du
2e Bataillon de la construction (C.E.C.).

© Défense nationale

Les Noirs de ce bataillon travaillent principalement dans l’industrie forestière et dans les scieries, afin de répondre aux besoins des alliés pour les produits dérivés du bois. Deux ans après la fin de la Première Guerre mondiale, ce bataillon est dissous. La création de ce bataillon est attribuable aux remarquables efforts de ces hommes qui voulaient à tout prix se faire respecter dans leur pays. L’expérience vécue par les hommes de cette unité reflète bien l’histoire de l’ensemble des Noirs au Canada. Malgré les barrières imposées à cette minorité, celle-ci continue à lutter afin de se faire accepter pleinement dans la société pluriethnique du Canada.

En 1992, le 2e Bataillon de la construction (C.E.C.) a été désigné en tant qu’événement d’importance historique nationale et une plaque commémorative a été érigée dans la ville de Pictou l’année suivante.

Pour plus d'information sur le 2e Bataillon de la construction (C.E.C.), visitez le site Web Anciens Combattants Canada.

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