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Les McCausland : magiciens du verre et de la couleur

Semaine du lundi le 21 avril 2003

Le 28 avril 2000, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada dévoile, à l’édifice de l’ancienne Banque de Montréal de Toronto, une plaque qui commémore les vitraux produits par les ateliers de Robert McCausland Limited. Le bâtiment abrite une magnifique coupole ornée de figures mythologiques et des emblèmes des provinces, exemple éloquent du travail de la plus ancienne entreprise de fabrication de vitraux en Amérique du Nord.

Les ateliers des McCausland en 1990, Toronto

Les ateliers des McCausland
en 1990, Toronto

© Parcs Canada / Joan Mattie

Originaire d’Irlande, Joseph McCausland immigre au Haut-Canada à l’âge de sept ans. Très jeune, il s’intéresse aux arts, notamment à la peinture et aux arts décoratifs. En 1846, il fonde une entreprise de décoration intérieure, à laquelle il annexe un atelier de vitrail en 1856. Après avoir changé de nom à plusieurs reprises, la compagnie prend celui du fils de Joseph et devient la Robert McCausland Limited. Devenu un associé de l’entreprise en 1881, Robert se charge de la section « vitrail », que son père avait confiée à quelques employés. Ayant étudié l’art en Europe, Robert y a forgé de précieuses relations qui contribuent à l’expansion de l’entreprise.

Vitrail représentant la Colombie-Britannique Canadian Memorial Church

Vitrail représentant
la Colombie-Britannique
Église Canadian Memorial,
Vancouver

© Parcs Canada / Joan Mattie

Un bel exemple du travail de cette entreprise se trouve à l’église de la Sainte-Trinité de Toronto, qui est dotée du plus ancien vitrail fabriqué au Canada. Il s’agit d’une fenêtre à trois lancettes, dessinée vers 1856 par l’architecte William Bullock et produite dans les ateliers des McCausland. Présentant un large éventail de couleurs, dont le bleu et le violet, ce vitrail se distingue des autres œuvres produites à la même époque, qui utilisent souvent la grisaille pour les sections les plus importantes et qui réservent la couleur pour les bordures ou les incrustations. À la fin du 19e siècle, cette entreprise reçoit des commandes en provenance de régions éloignées et certains vitraux doivent être transportés par bateau à vapeur, par traîneau à chiens ou même dans des charrettes tirées par des boeufs jusqu’au Manitoba, au Yukon ou aux Territoires du Nord-Ouest.

Entre 1890 et 1930, l’entreprise connaît beaucoup de succès. Des vitraux sont alors installés dans plusieurs bâtiments importants tels l’édifice de la Banque de Montréal à Toronto (qui abrite aujourd’hui le temple de la renommée du hockey), les édifices du Parlement de la Colombie-Britannique, à Victoria et l’église Canadian Memorial, à Vancouver. Au tournant du siècle, les McCausland se refusent à pratiquer une technique qui gagne pourtant en popularité, la production en série, et perpétuent la tradition selon laquelle tout vitrail est unique. Chaque œuvre est exécutée en fonction d’une commande précise, parfois même en consultation avec les architectes du bâtiment qui accueillera le vitrail.

Les vitraux McCausland ont été reconnus d’importance historique nationale pour leur valeur historique et architecturale.

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