Cette semaine en histoire

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Attaque surprise à Schenectady

Semaine du lundi le 3 février 2003

Le 8 février 1690, les troupes françaises et leurs alliés autochtones lancent une attaque surprise, en plein hiver, contre l'agglomération de Schenectady, près d'Albany (New York). Le gouverneur-général de la Nouvelle-France, le comte de Frontenac, cherche ainsi à intimider les Britanniques et leurs alliés iroquois, de même qu'à rallier d'autres Premières nations à la cause de la Nouvelle-France.

Destruction à Schenectady

Destruction à Schenectady
© BAC / Artiste anonyme / C-006007

Au 17e siècle, la France et l'Angleterre se disputent la côte est de l'Amérique du Nord. Les Français, qui contrôlent l'Acadie (Nouvelle-Écosse), ont étendu leur colonie le long de la vallée du Saint-Laurent vers les Grands Lacs et la rivière Ohio. Les Britanniques ont colonisé une bonne partie de la côte atlantique au nord de la Floride et conquis la colonie hollandaise qui devient New York. Tandis que les deux empires se disputent la maîtrise du territoire et du commerce, les Premières nations contrôlent la voie vers l'intérieur du continent. Au sud du lac Ontario, les colonies françaises craignent la puissance grandissante de la Confédération iroquoise. Armés de fusils fournis par les Britanniques, les Iroquois dispersent les Hurons et lancent des attaques répétées contre les alliés de ces derniers: les Français. Face à ce danger croissant, le roi de France, Louis XIV, charge Frontenac de gouverner la Nouvelle-France et de soumettre les Iroquois.

Au début de 1690, Frontenac monte une force constituée de troupes françaises, de miliciens canadiens et d'Autochtones pour lancer un assaut sur trois agglomérations anglaises. Après une marche difficile dans la neige et les marécages, un détachement atteint l'établissement isolé aujourd'hui appelé Schenectady. Tandis que ses habitants dorment, un cri de guerre déchire le silence de la nuit et les attaquants franchissent les portes, incendient le fort et saccagent l'établissement. Les sentinelles iroquoises ne sont pas touchées, mais 60 hommes, femmes et enfants, pour la plupart d'origine hollandaise, sont tués. Les troupes françaises accusent des pertes minimes à Schenectady, mais au retour, les Iroquois usent de rétorsion et tuent plusieurs Français.

Frontenac, 1622-1698

Frontenac, 1622-1698
© BAC / POS-0543

Les Français ont profité de la division politique des Britanniques pour frapper. La brutalité et l'efficacité du raid sèment la terreur dans les colonies anglaises et les incitent à lancer une attaque navale infructueuse contre Québec, en 1691. Ces échecs prouvent la valeur des troupes françaises dans la guerre frontalière et remontent le moral des habitants de la Nouvelle-France. Au milieu des années 1690, de nouvelles campagnes rendent la colonie plus sécuritaire face aux attaques iroquoises. Les Français, les Iroquois et plus de 30 autres nations signent finalement un traité de paix, à Montréal, en 1701.

Louis de Buade, comte de Frontenac, a été gouverneur-général de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698. Il a été désigné personne d'importance historique nationale.

Pour en savoir plus sur le conflit qui a opposé Français et Britanniques en Amérique du Nord, visiter les archives de Cette semaine en histoire : Les Britanniques capturent le fort Frontenac, Les Britanniques débarquent à Louisbourg et Un traité de paix signé à Utrecht modifie la carte de l'Amérique du Nord.

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