Cette semaine en histoire

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L’héroïne de Verchères

Semaine du lundi le 3 mars 2003

Le 3 mars 1678, Madeleine Jarret voit le jour dans la seigneurie de Verchères, en Nouvelle-France. La petite Madeleine est bientôt prise dans le conflit entre la colonie française et la Confédération iroquoise qui se disputent l'emprise sur la région de Montréal.

Une jeune Madeleine de Verchères, telle qu'imaginée par l'artiste Gerald S. Hayward en 1915.

Une jeune Madeleine de Verchères,
telle qu'imaginée par l'artiste
Gerald S. Hayward en 1915.

© BAC / C 83513

Un événement en particulier marque la vie de Madeleine et en fait une figure légendaire. Elle rédige elle-même deux versions de son action héroïque. Depuis, de nombreuses autres versions, plus ou moins enjolivées, ont paru. Bien que leur exactitude demeure douteuse, elles s'accordent sur plusieurs points.

En octobre 1692, sa mère et son père, seigneur de Verchères, doivent s’absenter pour affaires. Pendant leur absence, Madeleine, alors âgée de 14 ans, est responsable du fort. Celui-ci se trouve sur la piste qu’empruntent les Iroquois pour mener leurs raids dans la région de Montréal, et ses occupants vivent dans la crainte d’une attaque soudaine. Néanmoins, ils doivent renoncer à la sécurité du fort pour aller travailler dans les champs. Le 22 octobre, des guerriers iroquois les surprennent et les font prisonniers. Madeleine est elle aussi à l’extérieur du fort au moment de l’attaque. Alors qu’elle court se mettre à l’abri, un attaquant l’attrape par son foulard qu’elle s’empresse de détacher. Libérée de son assaillant, elle se faufile dans le fort qu’elle entreprend de défendre, en commençant par tirer du canon.

Monument à Madeleine, Verchères (Québec)

Monument à Madeleine,
Verchères (Québec)

© Parcs Canada / Louis-Philippe Hébert

Afin de convaincre les Iroquois que le fort est bien protégé, Madeleine et ses jeunes frères tirent du mousquet et demandent aux gens qui se trouvent dans le fort de faire du bruit. Pour compléter l’illusion, Madeleine déambule sur les remparts affublée d’une coiffure de soldat. Confrontés à un tir nourri, les Iroquois battent rapidement en retraite avec leurs prisonniers. Au son du canon, les établissements voisins comprennent que Verchères est assiégé et transmettent la nouvelle à Montréal. Des renforts sont détachés et Madeleine monte la garde jusqu’à leur arrivée, mangeant à peine et refusant d’aller dormir. Sa volonté et sa réaction rapide ont sauvé le fort d’une destruction certaine. La plupart des prisonniers retrouvent par la suite la liberté lorsque les troupes françaises rattrapent les guerriers iroquois.

Madeleine devient célèbre dans la colonie et se voit accorder une pension militaire. Sa popularité croît au 20e siècle lorsqu’elle devient un symbole de bravoure pour le Canada français. La mémoire de Madeleine de Verchères est célébrée dans d’innombrables ouvrages littéraires et œuvres d’art et commémorée par une statue érigée en 1913 par le gouvernement du Canada.

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