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Fais ce que dois!

Semaine du lundi le 6 janvier 2003

Le 10 janvier 1910, à Montréal (Québec), Henri Bourassa lance le premier numéro du journal Le Devoir. Malgré des débuts difficiles, ce journal deviendra l’un des plus importants quotidiens d’idées et d’opinions au pays.

Henri Bourassa

Henri Bourassa
© Bibliothèque et Archives Canada / C-27360

Henri Bourassa naît à Montréal le 1er septembre 1868, dans l’une des plus célèbres familles du Québec. Fils de l’artiste Napoléon Bourassa, et petit-fils de l’homme politique Louis-Joseph Papineau, il démontre très tôt ses nombreux talents. Il débute sa carrière politique à l’âge de 22 ans, losqu’il est élu maire du village de Montebello. Il passe la majorité de sa vie en politique, en tant que député aux niveaux fédéral et provincial, où il se démarque par ses grands talents d’orateur et par sa ferveur nationaliste. Après l’engagement du Canada dans la guerre des Boers en 1899, il s’oppose à l’impérialisme de la Grande-Bretagne et défend l’autonomie canadienne.

Il amorce sa carrière de journaliste en 1893, lorsqu’il achète L’Interprète, un journal franco-ontarien qu’il renomme le Ralliement. En 1908, il fonde une compagnie, Publicité Limitée, qui lui permet de publier en 1910 un journal indépendant, Le Devoir. Le premier numéro se vend à 30,000 exemplaires à Montréal, à Québec et à Ottawa. L’article à la une, « Avant le combat, » énonce les intentions du journal : « […] réveiller dans le peuple, et surtout dans les classes dirigeantes, le sentiment du devoir public sous toutes ses formes… ». Dès ce moment, Le Devoir affiche sa célèbre devise : « Fais ce que dois! » L’équipe de rédaction compte de brillants journalistes qui défendent un nationalisme pan-canadien, tels Olivar Asselin et Jules Fournier.

La une du Devoir, le 10 janvier 1910.

La une du Devoir, le 10 janvier 1910.
© Image courtoisie du Devoir

Bourassa consacre beaucoup de temps à ce journal. Il y exprime ses idées sur des sujets souvent controversés et qui lui tiennent à coeur, comme la nécessité de l’égalité et de la coopération entre les cultures française et anglaise. Il entend bien informer le public, dont il reconnait l’influence dans le domaine politique. Son ton passionné le rend très populaire.

La notoriété de Bourassa n’empêche cependant pas Le Devoir de connaître des difficultés financières. En 1913, le journal accuse un déficit de 4,000 dollars; des levées de fonds le sauvent de la faillite. Pour assurer l’indépendance du journal, Bourassa crée deux fiducies en 1928. Toutefois, malgré tous les efforts, le Devoir demeure à cette époque une entreprise modeste et fragile.

Bourassa est rédacteur en chef du Devoir jusqu’en 1932. Il se retire de la vie politique en 1945 et meurt en 1952. Henri Bourassa a été désigné une personne d’importance historique nationale en 1962.

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