Cette semaine en histoire

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« Une voix pour l’égalité… »

Semaine du lundi le 20 janvier 2003

Les 22 et 23 janvier 1895, le conseil du Dominion de la Young Women’s Christian Association (YWCA) se réunit pour la première fois à Ottawa (Ontario) sous la présidence de Mlle Bertha Wright. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, cette organisation nationale « de femmes, par des femmes et pour des femmes » est devenue l’organisation sociale la plus respectée et la plus populaire auprès des jeunes Canadiennes.

Club de travailleuses, ministère de l'emploi, YWCA à Toronto, vers 1928.

Club de travailleuses, ministère de l'emploi,
YWCA à Toronto, vers 1928.

© BAC / PA 123613

La première YWCA du Canada voit le jour à Saint-Jean (N.-B.) en 1870; son programme est calqué sur celui des YWCA de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Malgré sa courte période d’existence, cette YWCA inspire la création d’associations permanentes à Toronto (1873), à Montréal (1874), à Québec et à Halifax (1875); quelques-unes d’entre elles sont indépendantes, d’autres sont affiliées aux YWCA des États-Unis. De nouvelles associations font ensuite leur apparition partout au Canada et, en 1893, elles sont réunies sous l’égide de la YWCA du Dominion (Canada).

Camp d'été de la YWCA pour les jeunes filles. District de Muskoka, Ontario, vers 1917

Camp d'été de la YWCA pour les jeunes filles.
District de Muskoka, Ontario, vers 1917.

© BAC / PA 123627

Le rôle et le statut de la femme changent considérablement pendant la période d’industrialisation rapide du 19e siècle. Beaucoup de femmes célibataires quittent le foyer familial pour aller travailler en ville. La YWCA, une organisation bénévole de femmes de la classe moyenne, veut aider ces filles « modernes » à s’adapter à la société urbaine. On craint surtout que, sans les conseils de leurs parents, les femmes célibataires, facilement en proie à la pauvreté et au chômage, sombrent dans l’intempérance, le crime ou la prostitution. Pour les « protéger », la YWCA leur offre des divertissements sains et des logements bon marché, dirigés et supervisés par des femmes.

Banquet pour les jeunes filles, YWCA à Montréal, 1921

Banquet pour les jeunes filles, YWCA
à Montréal, 1921.

© BAC / PA 138590

Les fondatrices de la YWCA croient que les femmes exercent une grande influence en tant que mères, épouses et citoyennes, et qu’elles peuvent soulager bien des maux qui affligent la société si on leur donne les compétences nécessaires. Au début, les services dispensés par l’association, comme les cours sur la bible, les salles de lecture et l’aide aux voyageuses, visent surtout à préparer les jeunes filles à la maternité ou, si elles restent célibataires, à une indépendance féconde. Par la suite, la YWCA cesse peu à peu de mettre l’accent sur la supervision morale des jeunes filles pour leur donner plutôt une aide pratique sous forme de bureaux de placement, de cours de formation professionnelle, de programmes CGIT (Canadian Girls in Training) et de camps d’été. La YWCA cherche à répondre aux besoins véritables des jeunes filles, comme en témoigne l’expansion de ses programmes aux toutes jeunes filles, aux femmes de tous les milieux et aux étudiantes. Ce virage est également manifeste pendant les années de guerre, lorsque la YWCA ouvre des « maisons hôtesses » et organise du travail de guerre pour les femmes.

La Young Women’s Christian Association continue d’œuvrer à l’épanouissement spirituel, intellectuel, social et physique des femmes, ce qui explique sa désignation d’importance historique nationale.

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