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Ô Canada!

Semaine du lundi le 23 décembre 2002

Le 28 décembre 1842, Calixa Lavallée voit le jour à Verchères, au Bas-Canada (aujourd'hui le Québec). Très jeune, il manifeste une aptitude pour la musique, jouant du piano, du cornet à piston, du violon et de l'orgue. C'est son père qui est son professeur jusqu'au jour où Léon Derome, un boucher prospère, découvre ses talents. Derome envoie le jeune garçon de 13 ans à Montréal pour qu'il étudie auprès de Letondal et de Sabatier.

Calixa Lavallée

Calixa Lavallée
© Bibliothèque et Archives Canada / C-070448

À 15 ans, Lavallée s'enfuit aux États-Unis, en quête de possibilités inexistantes au Canada. Là-bas, il remporte des concours, fait des tournées avec des musiciens célèbres et devient même cornettiste dans l'armée de l'Union durant la guerre civile américaine. En 1870, il est nommé directeur de la Grand Opera House de New York, où on lui offre, deux ans plus tard, de créer son propre opéra, Loulou. Cependant, ses espoirs s'effondrent à la suite de l'assassinat du propriétaire et de la fermeture du théâtre.

Lavallée rentre au pays et voit un de ses rêves se réaliser lorsque Derome l'envoie à Paris pour étudier avec les maîtres Marmontal, Bazin et Boieldieu. De retour à Montréal en 1875, il songe à fonder un conservatoire national de musique. Pour gagner l'appui du gouvernement, Lavallée et ses amis, les Jehin-Prumes, ouvrent un studio de musique et une école d'opéra. Lavallée met aussi en vedette des talents canadiens avec l'opéra Jeanne d'Arc, dont la distribution est entièrement canadienne. En dépit de tous ces efforts, le gouvernement refuse de l'aider.

Malgré tout, Lavallée est toujours prêt à appuyer les causes publiques. Sa Cantata, composée en 1879 en l'honneur de la visite du gouverneur général et de la princesse Louise à Québec, lui vaut le titre du « plus grand musicien » du Canada. Aussi, lorsqu'en 1880 le gouvernement de la province de Québec désire un nouveau chant national pour souligner la fête nationale des Canadiens français, soit la Saint-Jean-Baptiste, il s'adresse à nul autre que Calixa Lavallée pour composer la musique sur laquelle le juge Adolphe B. Routhier mettra des paroles. Le résultat est Ô Canada! Même si le chant connaît un succès instantané au Québec et par la suite dans tout le Canada, dans sa version anglaise, il ne permet pas davantage à Lavallée de fonder son conservatoire.

Désillusionné, il regagne les Étas-Unis où il jouit d'une popularité beaucoup plus grande. Élu président de la Music Teachers National Association en 1887, Lavallée fait beaucoup pour la musique américaine. Il meurt de tuberculose à Boston à l'âge de 48 ans.

En 1933, les Canadiens s'intéressent de nouveau à Lavallée et ses restes sont ramenés à Montréal. La plus grande reconnaissance du travail de Lavallée survient en 1980, lorsque le Ô Canada! devient l'hymne national du Canada. Calixa Lavallée est une personne d'importance historique nationale reconnue par une plaque érigée à Québec.

Pour en apprendre plus au sujet de l'hymne national du Canada et pour écouter la musique, visitez Hymne national du Canada.

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