Cette semaine en histoire

Archives

L'une des Cinq mais non la moindre!

Semaine du lundi le 16 décembre 2002

Henrietta Louise Muir naît le 19 décembre 1849 à Montréal (Québec). Artiste de talent, elle deviendra aussi une militante féministe et contribuera de façon remarquable à la reconnaissance du statut juridique des femmes au Canada.

Henrietta Muir Edwards

Henrietta Muir Edwards
© Glenbow Archives / AN-2607-7

Issue d’une famille aisée et instruite, Henrietta étudie les arts au Canada, aux États-Unis et en Europe. Plusieurs de ses peintures sont exposées à l’Académie royale des arts du Canada, et ses miniatures de lord Strathcona et de sir Wilfrid Laurier assoient sa réputation au pays. De retour à Montréal, Henrietta décide d’utiliser le profit de la vente de ses œuvres pour servir sa communauté. En 1875, avec sa sœur Amélia, elle fonde la Working Girl’s Association, précurseur du YWCA. À la même époque, elle achète une presse à imprimer et entreprend de publier la première revue canadienne destinée aux femmes qui travaillent, Working Woman of Canada, qu’elle rédige avec sa sœur.

En 1876, Henrietta épouse le Dr Oliver Edwards, avec qui elle aura trois enfants. Comme le Dr Edwards pratique surtout dans les réserves autochtones, il est appelé à déménager fréquemment. En 1883, le couple et leurs enfants partent pour la Saskatchewan. Loin de diminuer ses activités sociales, Henrietta étudie le droit et s’implique au sein d’organisations féministes. En 1890, la famille Edwards regagne l’est du pays et s’établit à Ottawa. Trois ans plus tard, Henrietta aide lady Aberdeen, épouse du gouverneur général du Canada, à mettre sur pied le Conseil national des femmes. Elle sera responsable des lois concernant les femmes et les enfants pendant plus de 35 ans. En 1897, toujours en collaboration avec lady Aberdeen, elle fonde l’Ordre des infirmières de Victoria. En 1903, Henrietta et sa famille s’établissent à Fort Macleod (Alberta).

Timbre-poste pour commémorer<br>Henrietta Muir Edwards (30¢)


Timbre-poste pour commémorer
Henrietta Muir Edwards (30¢)
© BAC / POS-003703

Les dernières années de la vie d’Henrietta sont particulièrement marquantes. Au tournant du 20e siècle, Henrietta s’intéresse à la réforme du système carcéral et lutte pour l’octroi d’allocations familiales. Elle examine consciencieusement les lois provinciales et fédérales concernant les femmes. En 1917, le gouvernement fédéral publie son ouvrage intitulé Legal Status of Women In Canada. Puis, dix ans plus tard, elle se joint à quatre autres activistes albertaines pour signer une pétition demandant à la Cour suprême de revoir son interprétation du terme « personne » dans l’article 24 de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique afin d'inclure aussi les femmes. Se butant au refus de la Cour suprême, les « célèbres cinq » portent leur cause en appel devant le comité judiciaire du Conseil privé de Londres. Celui-ci leur donne raison en 1929.

Henrietta Muir Edwards, personne d’importance historique nationale, décède le 10 novembre 1931. Une plaque en son honneur est érigée à Fort Macleod (Alberta); une autre commémorant l’Affaire des femmes non reconnues civilement sera dévoilée au Parc Emily-Murphy, à Edmonton (Alberta).

Pour en savoir davantage, consulter les archives de Cette semaine en histoire : Les femmes sont des personnes... n'est-ce pas?

Date de modification :