Cette semaine en histoire

Archives

St. Ursula’s Convent et la naissance de la littérature canadienne

Semaine du lundi le 25 novembre 2002

Le 28 novembre 1864, Julia Catherine (Beckwith) Hart, auteure du premier roman canadien, meurt à l’âge de 71 ans. Comme bien des romancières de l’époque, elle a publié sous le couvert de l’anonymat. Étant donné que sa véritable identité restera cachée jusque dans les années 1890, elle s'éteint sans se douter qu’elle sera immortalisée dans l’histoire de la littérature canadienne.

Julia Catherine (Beckwith) Hart

Julia Catherine (Beckwith) Hart
© BAC / C-000345

Julia Hart naît à Fredericton (Nouveau-Brunswick) le
10 mars 1796. Son père, Nehemiah Beckwith, est un pionnier loyaliste du Connecticut et sa mère, Julia LeBrun, est québécoise. Julia passe une bonne partie de son enfance parmi sa famille à Cornwallis (Nouvelle-Écosse) et au Québec. Ces visites lui inspirent St. Ursula’s Convent; or, the Nun of Canada, qu’elle commence à écrire à l’âge de dix-sept ans. Le livre raconte la vie de mère Sainte-Catherine et s’appuie sur les récits de parents catholiques du côté de sa mère. L’intrigue complexe met en scène un grand nombre de personnages et fait intervenir plusieurs narrateurs. Le tout est agrémenté de coups du destin et de descriptions vivantes. Comme la plupart des romans de l’époque, celui-ci est à la fois mélodramatique, sentimental, moral, tragique et plein de rebondissements. Elle mettra près de dix ans à l’écrire.

Après la mort de son père, en 1815, Julia part vivre chez une tante à Kingston (Ontario). Elle y fait la rencontre de George Henry Hart, qu’elle épouse en 1822. C’est peut-être par l’entremise de son mari, relieur de profession, qu’elle fait la connaissance de Hugh C. Thomson, rédacteur en chef du Upper Canada Herald. Thomson lui propose de publier son livre en souscription et reçoit des commandes pour 175 exemplaires de l’Est du Canada, de l’Angleterre et des États-Unis.

Première page de la première <br>édition de <I>St. Ursula's Convent</I> (1824)

Première page de la première
édition de St. Ursula's Convent (1824)

© Institut canadien de
micrographie historique (ICMH)

Vers 1826, Julia s’installe quelque temps à Rochester (New York) où elle publie un deuxième roman intitulé Tonnewonte; or, the Adopted Son of America. En 1831, elle regagne Fredericton, où elle continue de publier des articles et des nouvelles jusqu’à sa mort. En 1895, W.G. MacFarlane établit son identité en tant qu’auteure du premier roman canadien dans la New Brunswick Bibliography.

Bien que les critiques contemporains se soient montrés sévères à l’égard de l’œuvre, jugeant son intrigue trop invraisemblable, ils conviennent de son importance à titre de premier roman canadien. St. Ursula’s Convent demeure un bon exemple du style littéraire du début du 19e siècle. À peine six ou sept exemplaires, pour la plupart incomplets, ont été préservés jusqu’à nos jours.

Julia Catherine (Beckwith) Hart a été désignée personne d’importance historique nationale en 1951 et une plaque a été érigée en sa mémoire à Fredericton.

Date de modification :