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Un ruban d’acier : le CP traverse le Canada d’un océan à l’autre

Semaine du lundi le 4 novembre 2002

Le 7 novembre 1885, le dernier crampon du chemin de fer Canadien Pacifique est posé à Craigellachie (Colombie-Britannique), reliant l’Est et l’Ouest du Canada. L’année suivante, le premier train transcontinental quitte Montréal à destination de Port Moody. L’avenir du Canada repose sur 4 640 kilomètres de rails.

Télégramme au premier ministre<br>John A. Macdonald<br>annonçant la réalisation du chemin de fer CP

Télégramme au premier ministre
John A. Macdonald
annonçant la réalisation du chemin de fer CP

© BAC / e000009485

Dès 1864, il est question d’unir les colonies britanniques par le rail. La Couronne pense que le chemin de fer permettra le transport rapide des troupes; les élus canadiens y voient un moyen de peupler l’Ouest; quant aux colonies unies de la Colombie-Britannique et de l’île de Vancouver, elles considèrent qu’un contact plus étroit avec l’Est sera un gage de stabilité économique. En 1871, la construction d’un chemin de fer fait partie des conditions que pose la Colombie-Britannique pour adhérer à la Confédération. L’année suivante, le projet de chemin de fer reçoit une charte du Parlement; sa construction doit débuter dans les deux ans qui suivent.

En 1873, un scandale éclate au sujet des contributions financières qu'a reçues le gouvernement conservateur d’une compagnie de chemin de fer. Le « scandale du Pacifique » mènera à la démission du premier ministre John A. Macdonald et à la défaite de son gouvernement. Le chef libéral nouvellement élu, Alexander Mackenzie, s’oppose au chemin de fer, ce qui en retarde la construction. Les conservateurs reviennent au pouvoir en 1881 et la construction reprend pour garder la Colombie-Britannique au sein de la Confédération. La toute nouvelle compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique reçoit sa chartre, 25 millions de dollars de financement et 25 millions d’acres de terre. Le directeur général du CP, William C. Van Horne, promet l'achèvement du chemin de fer en quatre ans.

Donald Smith pose <br>le dernier crampon à Craigellachie

Smith pose le dernier crampon à Craigellachie
© BAC / C-003693

La construction du chemin de fer transcontinental s’avère difficile : le tracé est semé d’embûches, roche précambrienne, forêts, marais, prairies et montagnes. Beaucoup de travailleurs meurent et on estime que chaque kilomètre de voie ferrée coûte deux vies. Pour finir à temps, deux équipes sont mises à l’œuvre, posant jusqu'à dix kilomètres de voie chaque jour. L’une travaille en direction de l’Ouest, à partir de Fort William (aujourd’hui Thunder Bay) en Ontario, l’autre en direction de l’Est à partir du canyon du fleuve Fraser. Les deux équipes se rejoignent au défilé de l’Aigle, où Donald Smith, lord Strathcona, un financier de la Compagnie de la Baie d’Hudson, pose le dernier crampon à 9 h 22. Le chemin de fer est prolongé jusqu’à Vancouver l’année suivante, alors qu’un service régulier de train de voyageurs est instauré pour relier Montréal et le Pacifique.

La réalisation du chemin de fer Canadien Pacifique est un événement d’importance historique nationale, commémoré par une plaque à Port Moody, le terminus original du chemin de fer. La création de la province de la Colombie-Britannique, à Victoria, célèbre également cet événement.

Pour trouver d’autres récits sur la construction du chemin de fer Canadien Pacifique, voir : Un scandale éclate, Commémoration des travailleurs chinois du rail et Les foules accueillent le train de voyageurs.

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